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Article paru le 18/06/2003
dans
La Dépêche du Midi
(Aveyron)
DECAZEVILLE (12) - MEMORIA ANDANDO De précieux guérilleros : les héros de la Résistance
Environ 500.000 Espagnols ont refusé le franquisme et sont
rentrés en France. « Les républicains espagnols,
oubliés de tous, méprisés, ont été humiliés
à leur arrivée dans l'Hexagone. L'accueil que nous avons reçu
était bien loin de celui que l'on était en droit d'attendre
du pays des Droits de l'Homme, même s'il faut comprendre que cela
n'a pas été facile à gérer », lâche
tristement José Antonio Alonso Alcala, alias commandant
Robert, grand résistant ariégeois et prestigieux invité
de « Memoria Andando ». Cette conférence a ponctué
les neuf jours des festivités espagnoles et a mis en évidence
le rôle important des ressortissants ibériques durant la 2e
Guerre mondiale.
Epris de justice et de liberté, cet Ariégeois d'adoption
est d'abord revenu avec nostalgie sur la période 1936-39, durant
laquelle les républicains ont administré son pays natal: «
Nous avions goûté à la République et
c'était formidable ». Ensuite, résumant son arrivée
en France, il a évoqué comment il s'est échappé
de Saint-Etienne, en 1941, les menottes aux poignets alors que l'on devait
le transférer en Allemagne. Caché quelque temps par des amis
polonais, il se retrouve en Ariège où il prend contact, en
novembre 1943, avec des résistants espagnols: « Le groupe
de guérilleros que je découvre vit dans le dénuement
le plus complet et ne possède que deux pistolets pour six hommes.
Voulant me tester, mes supérieurs me proposent d'attaquer la perception
de Lavelanet. Je réussis ce premier coup et je leur ramène
335.000 francs de l'époque! Trois jours plus tard, je prends la direction
d'une brigade ».
Le commandant Robert : un exemple pour tous
Dès lors, formant un groupe important de guérilleros,
il mènera un combat sans relâche contre l'Allemagne hitlérienne.
Harcelant constamment les convois des nazis, il prendra une part active
à la libération de Foix ainsi qu'à la bataille de Castelnau,
où 1.300 Allemands seront faits prisonniers. Préalablement,
les FFI de Toulouse, intrigués par ce personnage, avaient enquêté.
La femme chargée de l'enquête et dépêchée
sur les lieux deviendra d'ailleurs son épouse. L'Ariège libéré
de ses occupants, le commandant Robert sera partout accueilli en héros.
« Nous avons toujours entretenu des rapports amicaux avec la population
locale. Lorsque nous interceptions des convois d'armes, de nourriture ou
de tabac, nous en distribuions une partie aux habitants qui nous aidaient
en retour, nous donnant des lapins, des poulets ou des oeufs »,
dit-il avec simplicité. Profondément humain, le commandant Robert, qui en a presque oublié son patronyme espagnol, a conclu sa conférence ainsi: « On peut être un bon chef et dur au combat mais avoir un coeur tendre. En outre, je suis reconnaissant à la France de nous avoir permis de nous battre et je remercie tous les Français qui se sont battus à nos côtés. Muchas gracias ! ».
Ces paroles ont été saluées par d'interminables
applaudissements qui ont ému l'auteur dont l'humilité n'est
pas la dernière des qualités car nous avons appris qu'il
a reçu récemment les insignes d'officier de la Légion
d'honneur. Félicitations monsieur !
D. LATAPIE.
Faits d'armes dans le Bassin
Le président
Jean Vaz a parlé des résistants espagnols dans notre région,
apportant des précisions sur les différents réseaux
et leurs différents faits d'armes (distribution de tracts, sabotages
des voies ferrées, des pylônes, dans les mines, etc.).Le rôle important d'A. Lopez, alias Salvador, qui organisa les actions des guérilleros du Bassin, de Joaquim Gadéa, père et fils, ou encore d'Enrique Tornero, pour ne citer qu'eux. Ces combattants de la liberté ont pris part au dur combat de Gelles, ont bloqué les Allemands sur la route de Rodez, ont exécuté le chef de la milice d'Aubin et sont rentrés dans Decazeville |