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Introduction |
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Si tu voyages, seul, que tu vois
l'intersection de deux chemins : l'un, difficile, ascendant vers la montagne,
et l'autre, facile, descendant vers la plaine. Dans le premier chemin, on
rencontre des difficultés, des pierres éparpillées, des
épines et des fossés. Son escalade est ardue, la marche y est
difficile. Un panneau érigé indique :
"Ce chemin malgré son impraticabilité et la
difficulté de son parcours, est certainement le chemin juste qui
mène à la grande ville et à l'objectif
visé". Le deuxième chemin est goudronné,
ombragé par les arbres fruitiers et fleuris. Sur les deux
côtés se trouvent des cafés, des lieux de distractions
qui offrent tout ce qui plaît au coeur, fait "briller les
yeux" et "flatter les oreilles". Là aussi nous pouvons
lire sur un panneau : "Ce chemin est dangereux et périlleux, il
se termine par un précipice où la mort est assurée et la
perdition certaine". Lequel des deux chemins suivrais-tu ?
Sans doute, l'âme pencherait pour la facilité, non pour la
difficulté - pour le plaisir , non pour la douleur - pour la
liberté, non pour les contraintes, c'est une réaction
innée, voulue par Dieu . Si l'homme donnait libre cours aux penchants
de son âme et se laissait guider par elle, il suivrait le
deuxième chemin. La raison interviendrait pour comparer un plaisir
bref et immédiat suivi d'une longue douleur, à une douleur
passagère suivie d'un plaisir éternel, elle
préférerait le premier chemin. C'est l'exemple du chemin du Paradis et
du chemin de l'Enfer. Le chemin de l'Enfer contient tout ce qui est savoureux
et réjouissant, l'âme s'y penche, la passion y encourage. Il est
fait du regard illicite porté sur la beauté et ses
séductions, de la satisfaction du désir et ses jouissances, du
gain par tous les moyens, (la fortune est aimée et
désirée), et de libertinage. Les âmes aiment le
libertinage et détestent les restrictions. Le chemin du Paradis comporte des peines
et des difficultés, des restrictions et des frontières. C'est
le désaccord avec l'âme et l'éloignement de la passion.
Cependant la finalité de cette difficulté provisoire est le
désir éternel au Jour dernier. Le fruit du désir
passager, dans le chemin de l'Enfer, est la douleur continue dans la
Géhenne. A l'image de l'élève qui
souffre les nuits de l'examen lorsqu'il quitte sa famille abandonnée
à la télévision, regardant ce qui rend joyeux, et qu'il
s'isole avec ses livres et ses cahiers, puis trouve après cette
douleur la saveur de la réussite. De même, le malade supporte la
souffrance d'un régime le privant des délices de la nourriture
avant de retrouver la joie de la santé. Dieu a placé ces deux
chemins devant nous, et nous a doté, aussi bien le savant, l'ignorant,
le plus âgé ou le plus jeune, d'une faculté nous
permettant de les différencier, et de discerner le bien du mal. Notre esprit se tranquillise ou s'irrite
selon que nous accomplissons un bien ou un mal. Cette faculté existe
même chez les animaux : quand tu donnes un morceau de viande à
un chat, il le mange devant toi, avec lenteur et tranquillité.
Lorsqu'il le vole, il s'éloigne, mange avec rapidité, ses yeux
tournés vers toi de peur que tu ne le rattrapes et que tu le lui
enlèves. Cela n'est-il pas la distinction entre le vrai et le
faux, le licite et l'illicite ? Si le chien accomplit un bon travail, il
se frotte sur son maître, comme s'il attendait la récompense.
S'il commet une faute, il s'éloigne et remue la queue, comme s'il
présentait ses excuses ou qu'il prévoyait un châtiment. Telle est l'interprétation de la
parole de Dieu : "Et Nous l'avons guidé aux
deux voies" [ Sourate 90 - verset 10 ] Dieu a envoyé des
prédicateurs qui indiquent le chemin du Paradis et appellent les
hommes à le suivre, ce sont les prophètes. D'autres
prédicateurs enjolivent le chemin de l'Enfer, ce sont les diables. Dieu a désigné les savants
comme les héritiers des prophètes. Fatima, fille de
Muhammad n'a pas hérité de lui une fortune ou un
immeuble. Les savants ont hérité du Prophète l'appel
à l'Islam, celui qui l'accomplira comme il se doit, méritera
l'honneur de cet héritage. L'appel à l'Islam est difficile
car par nature l'âme humaine se penche vers la liberté alors que
la religion la restreint, vers la course à la jouissance alors que la
religion la retient. Celui qui appelle à la débauche et à
la désobéissance convient à la nature de l'âme qui
le suit comme l'eau dans une descente. Monte au château d'eau au sommet de
la montagne, et fais-en un trou à l'aide d'une pioche, l'eau descendra
sans effort de ta part, jusqu'à ce qu'elle se stabilise au milieu de
la vallée. Si tu veux la faire revenir, elle nécessitera des
pompes à eau, des efforts et des dépenses exorbitantes. Le
rocher stable au sommet d'une montagne ne demande qu'un déplacement et
une inclinaison pour qu'il chute et descende. Si tu veux le faire revenir, tu
trouveras la fatigue et la difficulté. Voici l'exemple de l'homme. Le mauvais compagnon te dit, "ici se
trouve une belle femme qui danse nue", ton âme s'y penche, ta
passion te pousse vers elle, mille diables t'y conduisent et sans te rendre
compte te voilà à sa porte. Si le prédicateur arrive
pour t'en écarter, tu trouveras difficile de le suivre et de lutter
contre le penchant de ton âme et les caprices de ta passion. Les prédicateurs du mal ne se
fatiguent pas et ne dépensent aucun effort, contrairement aux
prédicateurs du bien. Ils proposent ce que désire l'âme,
l'intimité dévoilée, la passion interdite, tout ce qui
est jouissance pour l'oeil et l'ouie et saveur pour le coeur et le corps.
Quant au prédicateur du bien, il n'a que l'interdiction. Si tu vois
une jeune fille, légèrement vêtue, et que tu
désires la contempler, il te dira : baisse ton regard et ne la regarde
pas. Le commerçant obtient un gain
facile par l'usure, sans peine ou fatigue, et l'âme s'y penche, il lui
dit : laisse l'usure, abandonne la et ne lui tends pas la main. Le
fonctionnaire observe son collègue qui gagne par corruption en une
minute l'équivalent de six mois de salaire et il imagine ce que cela
lui apporterait en aisance et lui couvrirait en besoins. Il (le
prédicateur du bien) lui dit : ne la prends pas et n'en jouis pas. Il
leur dit : laissez ses désirs présents et certains afin de
gagner des désirs futurs. Abandonnez ce que vous voyez en
échange de ce que vous ne voyez pas maintenant et que vous n'observez
pas. Luttez contre les penchants de vos âmes et la passion de vos
coeurs. Tout cela est lourd pour l'âme. Ne
contestez pas mon utilisation du qualificatif "lourd". Dieu
l'a nommé ainsi : "Oui, Nous allons lancer sur toi une
parole lourde" [ Sourate 73 - verset 5 ] Toutes les grandes élévations
sont lourdes pour l'âme. L'abandon de la télévision par
l'élève et son investissement dans ses études est chose
lourde. L'abandon par le savant des rencontres de distraction et son
occupation par la lecture et l'enseignement est lourd. L'abandon du lit par
le dormeur et son acquittement de la prière de Subh est lourd. L'homme
qui quitte sa femme et ses enfants pour le Jihad est chose lourde. De ce fait, tu trouves les
dépravés plus nombreux que les pieux, et les distraits
persistant dans l'égarement plus nombreux que les invocateurs marchant
dans le bon chemin. C'est la raison pour laquelle suivre la majorité
aveuglement et sans preuve, déroute la plupart du temps. "Et si tu obéis à la
plupart de ceux qui sont sur terre, ils t'égareront du sentier de Dieu"
[ Sourate 6 - verset 116 ] Si la rareté n'était pas un
signe de valeur et de supériorité, le diamant ne serait pas
rare et le charbon abondant. Les génies, les prodiges et les
héros remarquables ne seraient pas minoritaires. Les prophètes
et leurs héritiers parmi les hommes pieux sont ceux qui appellent au
chemin du Paradis. Les diables et leurs aides parmi les
dépravés, sont ceux qui appellent au chemin de l'enfer. En
notre intérieur, des partisans de ceux-ci et des partisans de ceux-là.
Un Parti qui est avec les prophètes et un Parti avec les diables, qui
se trouve dans l'âme incitatrice au mal. Vous me diriez : Que signifie la raison et que signifie
l'âme ? Je ne prétends pas fixer à
chacun de ces mots des limites visibles et les identifier clairement. Ces
choses demeurent encore dans les ténèbres de notre ignorance,
la science n'a pu éclairer leurs contours. Chacun dit : "Je me
suis dis", "ma raison m'a dit". Qui es-tu ? Que signifient ton
âme et ta raison ? Je rappelle un exemple vécu et
connu : Si je dis: "Moi", alors mon corps fait partie du "Moi
", mais mon corps n'est pas tout mon "Moi", car l'individu
peut être amputé de ses mains et de ses jambes, et le
"Moi" ne diminue pas à ses yeux. Mon être ou mon âme,
c'est-à-dire : mes penchants, mes sentiments, mes désirs et mes
douleurs, font partie du "Moi" mais ne sont pas la totalité
du "Moi", car il est observé que l'homme change de
sentiments et de penchants. Ce qui me plaît aujourd'hui alors que j'entame
mes quatre vingt dix ans, ne me plaisait pas lorsque j'étais jeune et
ce qui me faisait mal alors que j'étais jeune, ne me fait plus mal
aujourd'hui. Le corps change à tel point
qu'aucune cellule ne reste des cellules d'il y a quelques années. Les
espoirs et les douleurs de l'âme changent : elle aime ce qu'elle
haïssait - et elle hait ce qu'elle aimait. Quelle est alors la chose
immuable en moi et qui est en vérité "Moi" ?
C'est l'esprit. Qu'est-ce que l'esprit ? Dieu nous a fait
découvrir plusieurs des fonctions des organes du corps et leurs
secrets, ainsi que plusieurs maladies, leurs soins et aussi les états
de l'âme. Il nous a informé que parmi les âmes celles
ordonnatrices du mal, celles réprimandeuses, et celles
tranquillisées il s'agit de la même âme mais ce sont des
phénomènes qui l'imprègnent. Et Dieu nous dit que
l'âme mourra, mais Dieu ne nous a rien dit au sujet de I'
"esprit" car cela relève du seul savoir de Dieu. L'esprit
n'est pas soumis aux contraintes du temps et de l'espace. Une personne dort
devant toi un quart d'heure. Durant son sommeil elle s'est vue voyager en
Amérique ou en Inde, vivre vingt ou trente ans et ressentir une grande
joie ou une douleur sans limite. Comment vingt ans peuvent-ils être
contenus dans vingt minutes ? Comment les deux lieux se sont-ils
interpénétrés ? Ceci est un exemple du châtiment
ou du bonheur dans la tombe. L'esprit n'est pas affecté par la maladie
ou la santé. L'esprit restera après la décomposition du
corps et la mort de l'âme. Le "Moi" est l'esprit. Ces idées me sont apparues alors
que je préparais la cinquième édition de ce livre.
Durant les nuits d'hiver, profitant de la chaleur du lit et du
délice du sommeil, tu entends la sonnerie du réveil t'appelant
à la prière, une voix intérieure te dit :
"lève-toi pour la prière". Si tu veux te lever, une
autre voix te dit : "dors encore un peu". La première
voix revient "la prière est meilleure que le
sommeil". La deuxième répond : "le sommeil est
délicieux, tu as encore du temps, retarde de quelques minutes".
Les deux voix ne cessent de s'alterner comme le tic-tac d'une montre
"dors, lève-toi, dors, lève-toi...".
L'une est la raison, l'autre est l'âme Cet exemple se répète des
milliers de fois et sous des milliers de formes, chaque fois que l'individu
est confronté à une telle situation : il se trouve devant un
plaisir interdit auquel son âme l'invite, et dans son coeur une foi
pousse sa raison afin qu'elle l'en empêche. Plus la raison l'emporte,
plus la foi est forte. Ce qui ne signifie pas que la raison
l'emporte toujours et que le musulman n'approche jamais les
péchés. L'Islam est la religion de la nature première,
une religion réaliste. La réalité est que Dieu a
créé des créatures destinées uniquement à
l'obéissance et à l'adoration, ce sont les anges. Dieu n'a pas
fait de nous des anges. Dieu a créé des créatures
destinées uniquement à la désobéissance et
à la mécréance, ce sont les diables. Dieu n'a pas fait
de nous des diables. Dieu a créé des créatures
dépourvues de raison mais dotées d'instincts, elles ne sont pas
chargées de responsabilités et ne seront pas
interrogées, ce sont les bestiaux et animaux sauvages. Dieu n'a pas
fait de nous des animaux. Alors, qui sommes-nous ? Qui est l'homme
? L'homme est un être particulier, il a une partie des anges, des
diables et des animaux. Si l'homme se donne à l'adoration, si son
coeur est pur au moment de l'imploration de Dieu et s’ il goutte
à la saveur de la foi dans les moments de Grâce, alors la nature
angélique l'emporte. Il devient comparable aux anges qui ne
désobéissent pas à Dieu dans ce qu'il leur ordonne et
accomplissent ce qui leur est demandé. Si l'homme renie son Créateur,
devient mécréant ou Lui associe autrui dans l'adoration, alors
c'est la nature diabolique qui prend le dessus. Lorsque la colère l'emporte, qu'il
a les nerfs tendus, que son sang bouillonne, que ses muscles sont
crispés et qu'il n'a plus qu'un seul souhait, celui de tenir son
rival, le mordre, y enfoncer ses ongles, lui serrer le cou avec ses doigts et
l'étrangler, puis le fouler aux pieds. Dans cette situation, c'est la
nature d'animal sauvage qui l'emporte, rien alors ne le distingue d'un tigre,
ou d'un grand léopard. Lorsque la faim le "mord", que
la soif le tourmente, que tous ses espoirs se cristallisent dans du pain pour
remplir son estomac, un verre pour calmer sa soif ; ou lorsqu'un désir
sexuel en devient maître, que son sang bouillonne, que ses nerfs en
brûlent, et que sa tête est remplie de fantasmes et de souhaits ;
alors dans les deux situations, c'est la nature bestiale qui l'emporte. Il
est alors comme un cheval reproducteur, un âne ou tout autre animal. C'est la vraie nature de l'homme : il a
une prédisposition pour le bien et une prédisposition pour le
mal, Dieu lui a donné les deux possibilités,
octroyé la raison qui lui permet de les distinguer, et la
volonté qui lui donne la capacité de concrétiser l'une
de ces deux possibilités. S'il utilise bien sa raison dans le
discernement, sa volonté dans l'exécution et qu'il
développe sa prédisposition pour le bien jusqu'à ce que
le bien devienne sa qualité et qu'il l'accomplisse, alors, au jour
dernier, il sera au nombre des bienheureux. Dans le cas contraire, il sera au
nombre des torturés. Il est vrai que l'âme est
portée sur la liberté et que la religion est une restriction.
Une restriction nécessaire. Si nous laissons l'âme commettre
toutes les turpitudes du fait de sa liberté innée, alors la
société serait un vaste asile d'aliénés, la
liberté absolue est réservée aux aliénés.
Le fou fait ce qui lui vient en tête, il marche nu dans la rue, monte
sur le dos du chauffeur du bus publique, il trouve joli ton vêtement
alors il l'enlève de tes épaules, ta fille lui plaît, il
te la demande pour le seul désir et non par respect de la
législation islamique. "Seul le fou a une liberté absolue,
alors que l'homme raisonnable est retenu par sa raison". Que signifie la raison ? C'est une restriction ou une
chaîne. Le mot arabe ‘Aql [raison] est de la même racine
que le mot [Al-‘lqâl] qui signifie la corde qui attache le
chameau. De même le mot arabe Al-Hikma [sagesse] est proche du
même sens, il vient de Hakamatu ad-Dâba qui signifie
chaîne. La civilisation est une chaîne [ou restriction] car elle
ne te laisse pas agir comme tu le veux, mais t'impose de respecter les droits
des gens et les coutumes de la société. La justice est une
chaîne car elle fixe la limite de ta liberté là où
commence celle de ton voisin. Les péchés sont
délicieux puisqu'ils conviennent à la nature de l'âme. Tu
trouves un bon goût à la médisance et tu y participes car
elle te donne le sentiment que tu es meilleur que celui dont on parle en mal.
Le vol est délicieux puisqu'il permet de gagner des biens sans efforts
et sans fatigues. L'adultère est délicieux car il est
satisfaction des passions et des désirs de l'âme. La tricherie
durant les examens est délicieuse puisqu'elle permet de réussir
sans efforts. La fuite du devoir, quel qu'il soit, est délicieuse pour
l'âme car elle procure le repos et la paresse. Lorsque l'homme pense et utilise sa
raison, il trouve que cette liberté provisoire ne vaut pas le long
emprisonnement dans la Géhenne et que cette jouissance interdite ne
vaut pas le châtiment qui la suivrait. Qui accepterait ce pacte
légalisé auprès d'un notaire : Durant une année, nous lui
donnerons tout ce qu'il désire comme argent, nous le ferons habiter
dans le palais de son choix, dans le pays de son choix, nous le marierons
avec les femmes qu'il souhaite; deux, trois, quatre, nous ne lui refuserons
rien. Mais une fois l'année écoulée, nous le pendrons
jusqu'à sa mort. Ne dira-t-il pas : "Que soit maudit et
éloigné un plaisir suivi d'une mort !". Ne
s'imaginera-t-il pas l'heure de la pendaison et se rendra compte qu'il ne lui
reste plus rien de ces plaisirs ? La douleur de la pendaison dure quelques
minutes, alors que le châtiment du jour dernier est d'une longue
durée. Chacun d'entre nous a commis un
péché dans sa vie et a trouvé du plaisir à ce
péché. Le moindre plaisir est la jouissance du lit au lieu de
se lever pour la prière de l'aube. Que reste-t-il de ce plaisir que
nous avons ressenti il y a vingt ans ? Chacun de nous a contraint son
âme à accomplir un devoir et en a supporté la douleur
dont la moindre est la faim et la soif durant Ramadan. Que reste-t-il de la
douleur de la faim durant le Ramadan, jeûné vingt ans auparavant
? Les plaisirs des péchés sont passés, restent
leur punition. Les douleurs des obéissances à Dieu sont
passées, restent leur récompense. A l'heure de la mort, que nous restera
t'il de tous les plaisirs auxquels nous avons goutté, et de toutes les
douleurs que nous avons supporté ? En vérité, chaque
croyant veut se repentir et revenir à Dieu , mais il repousse et
ajourne. Moi-même je disais : lorsque
j'accomplirai mon pèlerinage je me repentirai et je reviendrai
à Dieu. Puis j'ai accompli le pèlerinage et je ne me suis pas
repenti, la je disais : lorsque j'aurai quarante ans, je me repentirai et je
reviendrai à Dieu. Je les ai eus et je ne me suis pas repenti. J'ai
dépassé la soixantaine et je ne me suis pas repenti. J'ai
vieilli et je ne me suis pas repenti. Cela ne veut pas dire que j'accomplis
les interdits et les turpitudes, non, par la Grâce de Dieu. Cela
signifie que l'homme espère pour lui la sainteté, mais il
ajourne, il pense que la vie est longue et puis voilà la mort qui le
frappe brusquement. Moi-même j'ai vu la mort à deux reprises.
J'ai connu le sentiment de la mort. J'ai regretté chaque minute
écoulée en dehors de l'adoration de Dieu . Eh oui, par
Dieu, lorsque j'ai survécu, je suis resté sur ce sentiment
plusieurs mois. Je suis devenu un saint. Puis de nouveau je me suis
plongé dans les tribulations de la vie. J'ai oublié...
j'ai oublié la mort. Tous nous oublions la mort. Nous voyons
chaque jour des morts, mais pensons que nous ne mourrons pas. En pleine
prière du mort, nous pensons à la vie d'ici-bas, chacun d'entre
nous pense que la mort est inscrite sur tous sauf sur lui-même. L'homme
sait pertinemment que cette vie le quittera et qu'il la quittera. Quoi que
l'homme vive, il mourra. Qu'il vive soixante ans, soixante dix ans ou cent
ans, ne s'épuisent-ils pas ? Ne connaissez vous pas quelqu'un qui a vécu cent ans puis qui est mort ?
Noé a passé neuf cent cinquante années à
exhorter son peuple. Où es Noé ? La vie d'ici bas lui est elle
demeurée ? A-t-il échappé à la mort ? Si la mort
est inéluctable, pourquoi ne pas y réfléchir et s'y
préparer. Celui qui a un voyage dont la date n'est
pas fixée, ne s'y prépare t'il pas afin de répondre
dès qu'on l'appelle ? J'ai observé [ l'été
dernier où j'étais à 'Amman] les enseignants jordaniens
qui avaient signé un contrat de travail avec le Royaume d'Arabie
Saoudite. Ils ont été informés que des avions allaient
les transporter et qu'ils devaient s'y préparer. Parmi eux, se
trouvait celui qui avait préparé son passeport et sa valise,
qui avait fait ses adieux et avait mis à côté de lui ses
vêtements de voyage. Il était prêt à
répondre à tout moment. Parmi eux, se trouvait celui qui avait
négligé et ajourné ses préparatifs jusqu'à
sa convocation, il s'écria : accordez-moi le temps de faire mes
courses, de dire au revoir à ma famille au village et de retirer mon
passeport. Mais ils ne lui ont accordé aucun délai et sont
partis sans lui. De même. L'ange de la mort ne le
laissera pas, il le prendra de force, malgré son refus, il ne lui
accordera ni une heure, ni une minute, ni un instant. L'ange n'a pas le
pouvoir de lui accorder un délai. Aucun d'entre nous ne connaît
l'heure où l'ange de la mort viendra le prendre. Qu'est-ce que la mort ? Quelle est sa
vraie nature ? La vie de l'homme est faite de plusieurs
étapes : - L'état foetal Le foetus pense que sa vie se limite au
ventre de sa mère. S'il raisonnait, pensait et pouvait répondre
aux questions, il dirait que sa sortie de ce ventre est vouée à
une mort certaine. Si dans le ventre se trouvaient deux jumeaux, que l'un
deux naissait avant l'autre, celui qui l'aurait vu descendre et le quitter,
penserait qu'il est mort et qu'il est enterré dans les profondeurs. Si
le foetus voyait son placenta, qui lui recouvrait le corps Jeté
à la poubelle, il penserait qu'il s'agit de son frère et le
pleurerait comme la mère qui voit le corps de son fils qu'elle
protégeait de la poussière, enfoui dans la terre. Elle ne sait
pas que ce corps est comparable à ce placenta, c'est comme une chemise
devenue sale puis enlevée, un vêtement usé, devenu
inutile. C'est ça la mort, une
"nouvelle naissance", une sortie vers une étape plus longue
et plus accueillante que celle de cette vie. Cette vie n'est autre qu'un
chemin où nous sommes semblables à un immigré vers
l'Arabie. Il choisit bien sa cabine dans le bateau, tient à sa
tranquillité et en prend soin, mais, dépensera t'il tout son
argent pour renouveler sa literie et sculpter ses murs, pour arriver en
Arabie sans un sou ? Ou plutôt dira t'il : je resterai une semaine dans
cette pièce Je me suffirai de peu et j'économiserai mon argent
afin de meubler la maison que j'habiterai. Savez-vous ce que représente cette
vie comparée à l'au-delà ? Depuis environ quinze ans. les Etats-Unis
avaient annoncé un essai nucléaire dans une petite île de
l'Océan pacifique, habitée par quelques centaines de
pêcheurs. Les Etats-Unis leur ont demandé d'évacuer leur
maison en échange d'une maison meublée dans le pays de leur
choix. Une date fut fixée pour qu'ils se préparent et qu'ils
recensent leur avoir afin que les avions puissent les transporter. Certains
se sont déclarés prêts à l'évacuation et
ont donné leur inventaire avant la date prévue, d'autres ont
négligé et ajourné jusqu'à l'approche de la date,
d'autres encore ont déclaré que c'était pur mensonge,
que les Etats-Unis n'existaient pas dans cet univers, que la vie se limitait
à leur île, qu'ils ne l'abandonneraient pas. Ces derniers ont
oublié que cette île allait être réduite en ruines
et en poussières. C'est là l'exemple de cette vie. Le premier groupe est l'exemple du
croyant qui réfléchit à l'au-delà Le deuxième est l'exemple du
croyant, négligeant et pécheur. Le troisième est l'exemple du
mécréant matérialiste qui dit : notre vie est uniquement
cette vie là, pas une autre vie après elle, la mort n'est qu'un
long sommeil, un repos continu et une disparition certaine. Ces propos ne signifient nullement que
l'Islam demande au musulman de renoncer une fois pour toute à cette
vie, de s'en laver les mains, d'habiter les Mosquées et de ne plus en
sortir, ou de se réfugier dans une grotte et y passer sa vie, non !!!
Au contraire, l'Islam demande aux musulmans d'être des guides pour les
civilisés, les plus riches, et les meilleurs savants dans toutes les
sciences. L'Islam demande à chaque musulman de respecter le droit de
son corps à la nourriture et au sport ; le droit de son âme au
divertissement, à la détente et au plaisir licite ; le droit de
sa femme à la protection et à la bonne compagnie ; le droit de
ses enfants à l'éducation, à l'orientation et à
l'affection ; le droit de la société à son travail au
service du bien ; de même il doit respecter le droit de Dieu , par la
croyance en Son Unicité et à Son obéissance. Le musulman collecte les richesses mais
de manière licite, profite des biens permis, et vit de la meilleure
manière, à condition que sa foi en l'Unicité reste pure
non entachée d'associationnisme visible ou caché. Son Islam
doit rester véridique : abandonnant les interdits et accomplissant les
devoirs. L'argent doit se trouver dans ses mains et non dans son coeur. Le
musulman ne compte pas sur son avoir mais sur son Seigneur . La satisfaction
de Dieu doit être son objectif et son désir. |
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