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Sa Naissance

Le dernier des Messagers d’Allah  [ paix et bénédiction  d’Allah sur lui ] naquit à la Mecque au mois de Rabi’ Al-Awwal, durant l’année dite de « l’éléphant » en rapport à l’évènement qui est relaté par une sourate du Coran et dont nous allons voir le récit, incha Allah.

Abraha Al-Achram, un abyssinien représentant général du Négus au Yémen, avait constaté que les Arabes faisaient leur pèlerinage à la Kaaba. Il construisit alors une grande église à San’a, d’une architecture magnifique et aux dimensions démesurées, afin d’y orienter le pèlerinage des Arabes. Les Arabes, en particulier les Qouraichites, répugnèrent cela ; L’un d’entre eux profita d’une nuit pour entrer clandestinement dans l’église et en souilla la Qibla à l’aide de matières fécales.

Mis au courant de cet acte, Abraha devint fou de rage et décida de lever une armée gigantesque pour aller détruire la Kaaba. Pour ce faire il choisit un énorme éléphant, parmi ceux que comptait cette armée, et se mit en marche vers la Mecque.

Informés de ses intentions, les Arabes décidèrent qu’ils devaient empêcher Abraha d’accéder à la Kaaba, quel qu’en soit le prix. Mais toutes les tentatives d’opposition à la marche d’Abraha échouèrent, si bien que l’armée arriva à proximité de la Mecque, à un endroit appelé Al-Maghmas. Là, l’armée attaqua les troupeaux appartenant aux Mecquois et prirent comme butin deux cent chameaux dont le propriétaire était ‘Abdel Mouttalib.

Abraha envoya un émissaire à la Mecque, un homme du nom de Hinata, pour ramener le chef de cette ville et faire connaître qu’Abraha n’était pas venu pour les combattre, à moins qu’ils ne s’interposent pour l’empêcher d’accéder à
la Maison Sacrée. On conduisit Hinata chez ‘Abdel Mouttalib, avec qui il retourna au camp pour le présenter à Abraha.

Lorsque Abraha demanda à ‘Abdel Mouttalib ce qu’il désirait, celui-ci répondit qu’il souhaitait récupérer ses deux cent chameaux. Abraha fut alors surpris par cet homme  qui se souciait plus de ses chameaux que de la Kaaba, lieu de culte de son peuple et de ses ancêtres, qu’il s’apprêtait à détruire. Abraha fit part de son étonnement et de son incompréhension à ‘Abdel Mouttalib qui lui répondit : « Je suis le propriétaire de ces chameaux ; quant à la Maison Sacrée, elle a un Seigneur (propriétaire) qui la défendra ». Abraha répliqua que ce Seigneur ne pourrait l’empêcher d'accomplir ses intentions. Il rendit à ‘Abdel Mouttalib ses chameaux et le laissa retourner à la Mecque. 

De retour à la Mecque, 'Abdel Mouttalib ordonna aux mecquois de quitter la ville et de se réfugier dans les montagnes, se mettant ainsi à l'abri de la réaction d'Abraha et de son armée.

Le lendemain matin, Abraha et son armée entrèrent dans la Mecque. Lorsqu'ils dirigèrent l'éléphant vers la Kaaba, celui-ci s'agenouilla. Les soldats le frappèrent violemment et se servir de tous les moyens pour le faire lever, mais en vain. Et pourtant il trottait dès lors qu'on l'orientait vers une toute autre direction.

Cette situation prévalut jusqu'au moment où Allah  envoya sur eux des oiseaux par volées qui leur lançaient des pierres d'argile qui n'atteignaient l'un des soldats sans le tuer. Ils furent ainsi réduits à l'état de paille mâchée. Ceux qui survécurent prirent la fuite en tous sens, se heurtant les uns aux autres, et ne sachant où fuir...  Quant à Abraha, Allah  le frappa d’une maladie lui ravissant tous les doigts et il périt une fois arrivé à San'a (sa ville de départ). Après que l'armée fut décimée, les mecquois regagnèrent leurs maisons sains et saufs.

Cet évènement eut lieu au mois de Mouharram, premier mois de l'année musulmane, peu de temps avant la naissance du Prophète Muhammad .  On peut noter une chose importante, c'est que les Qouraichites qui ont assisté à cet évènement de leur vivant et qui ont écouté la sourate révélée par Allah  relatant ce récit n'ont pas crié au mensonge lors de la Révélation de ces versets. On ne peut qu'en déduire que cet évènement s'est historiquement déroulé tel que les versets coraniques nous le mentionnent.

A propos de la naissance même du Prophète , ibn Sa’ad a rapporté que la  mère de l’Envoyé d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Lorsque je l’ai mis au monde, de mon entrejambe a jailli une lumière qui illumina les palais de la Syrie. » Ahmad et Ad-Darimi ont rapporté quelque chose de similaire.

Après avoir accouché, Amina envoya quelqu’un auprès de ‘Abdel Mouttalib pour annoncer la naissance de son petit fils. Réjoui par la nouvelle, il arriva, prit le nouveau né, l’amena dans la Kaaba, invoqua et remercia Allah . Il lui choisit le nom de Muhammad, nom inconnu des arabes, à l’époque. Il le circoncit au septième jour comme le faisaient les arabes.

La première femme à allaiter Muhammad  après sa mère fut Thouwayba, la captive affranchie d’Abou Lahab. Elle l’allaita à un moment où elle allaitait son propre fils Masrouh. Cette femme avait déjà allaité Hamza ibn ‘Abdel Mouttalib et ensuite Abou Salama ibn ‘Abdel Asad Al-Makhzoumi.

Ensuite, ‘Abdel Mouttalib chercha une nourrice pour le prophètedans le village des Bani Sa’ad. En effet, les arabes avaient coutume de chercher des nourrices pour leurs enfants à l’extérieur de la métropole pour leur éviter les maladies, les doter d’une forte constitution, développer leurs muscles et leur permettre de comprendre l’arabe dès le bas âge. Il choisit donc une femme appartenant à cette tribu de Bani Sa’ad ibn Bakr et dont le prénom était Halima. Elle était la fille de Abi Thouwayb et l’épouse de Abou Kabcha, issu de cette même tribu.

Sa Jeunesse

Muhammad  était une miséricorde pour l'univers. Sa vie brille toujours comme un symbole de lumière et de direction pour tous les temps et pour toute l'humanité.  Il était le dernier messager de Dieu envoyé à l'humanité, le Sceau des prophètes. Il appela à l'unicité divine 

La ilaha il Allah Mouhammad Rassoul Allah

Nulle divinité n'est digne d'adoration excepté Allah et Mouhamad est son Messager

Telle est sa vie et le message de l'Islam.

Muhammad  le dernier des prophètes, est né dans le désert aride d'Arabie, environ six cent ans après Jésus dans la ville de la Mecque, située dans une profonde vallée entourée par un rideau de montagnes dentelées, brunes et noires.

L'orphelin solitaire

Muhammad  était un orphelin. Son père était mort avant même sa naissance. Il a donc été élevé et sevré dans le désert, selon la coutume arabe de l'époque. À l'âge de six ans, sa mère Amina décéda à son tour, il fut dès lors élevé par son grand-père, 'Abd-al-Muttalib, et plus tard, par son oncle paternel, Abû Talib.

La Mecque était une ville importante et très connue, principalement parce qu'elle abritait la Ka'ba, la première maison jamais construite pour l'humanité à la gloire du Dieu unique. Elle avait été construite environ trois mille ans plus tôt par le prophète Abraham  avec l'aide de son fils Ismaël  [ que la paix soit sur eux ].

C'était là, dans cette vallée déserte et aride, qu'Abraham, selon la volonté divine, avait laissé sa femme Hajar avec leur enfant Ismail.

Petit à petit, avec le temps, la Mecque devint une ville de pèlerinage et un centre culturel et commercial important dans laquelle, passaient de grandes caravanes qui allaient au Nord vers la Syrie et au Sud vers le Yémen. Muhammad  était un descendant direct d'Abraham par Ismail, appartenant à la noble et célèbre famille des Bani Hashim.

En tant que berger, Muhammad avait l'habitude de garder, sous un soleil de plomb, les moutons et les chèvres aux environs des collines entourant la Mecque : un entraînement familier, semble-t-il, pour tous ceux qui étaient destinés à porter la prophétie.

Le digne de confiance

Jeune homme, Muhammad  était connu auprès de tous comme al-Amîn, « celui sur qui l'on peut compter », grâce à son honnêteté et à son noble caractère. Son oncle l'aimait profondément et l'emmenait avec lui en Syrie lors de ses voyages d'affaires. Cela donna à Muhammad  la possibilité d'apprendre à gagner sa vie en tant que commerçant. Il menait ses affaires avec succès. Bien qu'il fut relativement pauvre, son honnêteté et sa nature généreuse faisaient qu'il était aimé et qu'il avait la confiance de tous ceux qui le connaissaient.

À cette époque, vivait à la Mecque une des femmes les plus honorables. Elle s'appelait Khadija. Muhammad  travailla pour elle et lorsqu'il atteignit l'âge de 25 ans, il reçut de sa part une demande en mariage indirecte. Bien qu'elle fût son aînée et déjà deux fois veuve, Muhammad  accepta son offre. Ils se marièrent et vécurent heureux. Elle donna naissance à deux garçons et quatre filles. Malheureusement, les deux garçons moururent en bas âge ; ce fut, cependant, un mariage idéal et ils vécurent une vie de famille comblée de bonheur.

La Pierre Noire

La compagnie de Muhammad , ainsi que ses sages conseils, étaient grandement recherchés par tous. Il est rapporté qu'une fois, alors que l'on était entrain de réparer la Ka'ba à cause de violentes inondations qui en avaient dévasté les murs, il y eut un désaccord entre les quatre principales tribus des Quraïsh pour savoir laquelle parmi les quatre aurait l'honneur de replacer la pierre noire sacrée. Une dispute était sur le point d'éclater quand un des anciens proposa : « Que la première personne qui entre soit notre juge ! ».

A leur grande joie, le premier à entrer fut Muhammad . « C'est al-Amîn, l'honnête », s'écrièrent-ils. Muhammad fut mis au courant de la situation et il demanda qu'on lui apporte un morceau de tissu. Il plaça la pierre noire sur le vêtement et demanda aux membres de chaque tribu d'en tenir un coin de façon à pouvoir soulever la pierre et il la remit lui-même à sa place. Il sut donc, avec intelligence, mettre fin à cette querelle et il évita, de surcroît, un risque de guerre.

Les Arabes de l'époque avaient de grandes qualités. Ils étaient courageux, généreux et loyaux, et néanmoins, ils se trouvaient souvent impliqués dans de petites disputes, se querellant sans cesse, prêts à répandre le sang à la moindre occasion. Ils avaient peu de respect pour le faible, l'orphelin et la veuve, et se livraient fréquemment à des beuveries et à des frivolités. À cause de l'important statut donné aux garçons, les pères avaient la détestable habitude d'enterrer vivantes les petites filles qu'ils ne voulaient pas à leur naissance. Au demeurant, à l'origine de ces maux, on trouve le polythéisme.

Polytheistes et idôles

Le polythéisme, le culte des idoles, était pratiqué, à l'époque, par la presque totalité de la population. La religion éternelle laissée en héritage par Abraham  l'adoration du Dieu Unique - avait avec le temps été enterrée et oubliée. Au fil des ans, environ trois cent soixante idoles et statues représentant de faux dieux avaient été installées à l'intérieur et autour de la Maison Sacrée et étaient adorées comme des seigneurs et des intercesseurs. Même les fidèles de Moïse et de jésus  s'étaient écartés du monothéisme originel d'Abraham et ils s'étaient divisés en tribus et en sectes séparées.

Muhammad  était une personnalité exceptionnelle. Il ne prit part à aucune des pratiques polythéistes.

Il prit l'habitude, très tôt, de se retirer dans une grotte isolée dans les environs de la montagne appelée Hirâ', non loin de la Mecque, pour purifier son coeur et prier pour la recherche de la Vérité.

Avec le seul bruit du vent dans sa solitude, il contemplait les signes de l'univers.

Mouhamed chez les Bani-Sa'ad

Nous avions vu que la première femme à allaiter Muhammad fut sa mère, Amina ; puis Thouwayba, la captive affranchie d'Abou Lahab. Ensuite, ce fut Halima de la tribu des Bani Sa'ad. Cette dernière découvrit, durant cette période d'allaitement du Prophète , toute la bénédiction qui accompagnait celui qui serait bientôt le Messager d'Allah. Voyons le récit qu'elle a fait elle-même à ce sujet, et qui nous est rapporté par Ibn Ishaq : 

« J'ai quitté mon pays, un jour, avec mon mari et mon bébé, en compagnie d'un groupe de femmes des Bani Sa'ad, à la recherche de nourrissons à allaiter. C'était une année difficile, il ne nous restait rien.
Nous étions partis sur une ânesse blanche, conduisant une vieille chamelle qui ne donnait pas une goutte de lait. Nous n'avions pas dormi la nuit à cause des cris de faim de notre bébé.

Mes seins ne donnaient pas assez de lait pour lui suffire, et la chamelle n'en produisait rien pour le nourrir. Nous espérions être soulagés de ces angoisses et partîmes donc à la Mecque en quête d'un nourrisson. Je sortis donc sur mon ânesse qui était si faible et si maigre que les autres ânes nous distancèrent.

Aucune des femmes venues à la recherche d'un bébé à allaiter, lorsqu'elle apprenait qu'il était orphelin, ne voulait prendre le Messager d'Allah, et ce parce que nous nous attendions à des actes de bienfaisance de la part des pères. Toutes les femmes qui m'accompagnaient avait trouvé un nourrisson sauf moi. Sur le point de repartir, je dis à mon mari : «Par Dieu! Il m'est désagréable de rentrer sans nourrisson. Je vais prendre cet orphelin». Il répondit : « Je n'y vois pas d'inconvénient. Il sera peut-être pour nous une source de bénédiction ». Ainsi, j'allais le prendre, et en réalité, je faisais cela parce que je n'avais pas trouvé d'autre que lui.

De retour au campement, je le mis dans mon giron. Mes seins se remplirent de lait. Il téta à satiété et s'endormit. Son frère (de lait) téta aussi et trouva le sommeil. Mon mari alla surveiller la chamelle et trouva que ces mamelles étaient gonflées de lait. Il se mit à la traire. Nous bûmes à notre aise et passâmes une nuit tranquille. Au matin mon mari me dit : « Tu sais Halima, ce petit que tu as pris est béni. – Je le souhaite bien, répondis-je ». 

Nous partîmes. Je montais sur l'ânesse avec le nourrisson. Elle était si active qu'elle dépassait tous les autres ânes. Etonnées, mes compagnes dirent : « Fille d'Abou Thouwayb ! Est-ce là l'ânesse que tu montais à notre sortie ? ». Je leur répondis : « Oui, c'est la même ». Et je me disais qu'il y avait là une grande chose. Nous arrivâmes chez nous, à Bani Sa'ad, la plus aride des terres à ma connaissance. Mon troupeau de brebis revenait du pâturage le soir, repu, les mamelles gonflées de lait. Les gens de notre tribu qui vivaient près de nous disaient à leurs bergers : « Allez faire paître les moutons là où le berger de la fille de Abi Thouwayb mène les siens ». Mais leurs troupeaux ne cessaient de rentrer affamés, sans une goutte de lait, contrairement au mien. Nous avons joui de cette aisance durant les deux ans de l’allaitement, jusqu'au moment où Muhammad fut sevré.

Nous avons vu précédemment la bénédiction et l'abondance que la présence du Prophète  parmi eux a procurées à Halima et son mari. Laissons Halima nous raconter la suite des évènements qui se déroulèrent à cette période.

« Muhammad évoluait magnifiquement, mieux que les autres garçons. A l'âge de deux ans il possédait déjà une constitution très solide. Nous le ramenâmes chez sa mère, mais espérions le garder, vu la bénédiction qui avait accompagné son séjour parmi nous. Nous en parlâmes à sa mère et je lui dis : « Si tu laissais ton fils avec moi, jusqu'à ce qu'il devienne plus solide, cela le préserverait des épidémies de la Mecque ». Nous insistâmes tellement qu'elle consentit à le laisser repartir avec nous ». Halima raconta ensuite l'épisode décrivant l'ouverture de la poitrine du Prophète . 

Voyons ce qu'a rapporté Anas Ibn Malik  à ce sujet, d'après Moslim : « Djibril (Gabriel)  s'était présenté au Messager d'Allah  alors que celui-ci jouait avec les autre enfants. Il le saisit, l'étendit au sol et lui ouvrit le coeur duquel il sortit une impureté en lui disant : « C'est la part de Satan qui est en toi ». Il lava ensuite cette impureté dans une cuvette en or avec de l'eau de Zemzem et la remit à sa place. Les garçons se précipitèrent vers sa mère (nourricière) et dirent : « On a tué Muhammad ». Les gens accoururent vers lui et le trouvèrent tout pâle. »

Après cet évènement, Halima eut tellement peur qu'elle ramena l'enfant chez sa mère. Amina, étonnée par ce retour après que Halima ait tant insisté pour garder Muhammad , questionna Halima qui finit par lui expliquer ce qu'il s’était passé.  Confiante et pleine de sérénité pour le destin de son enfant, Amina autorisa Halima à lui laisser l'enfant et à repartir vers sa tribu. C'est ainsi que se termina le passage de Muhammad  au sein Bani Sa'ad.

La Tutelle De Muhammad 

Après son retour de chez les Bani Sa’ad, Muhammad  resta chez sa mère jusqu’à l’âge de six ans. Amina mourut au cours d’un voyage qu’elle avait entreprit pour se rendre à Yathrib (Médine) afin de rendre visite à la proche famille de son défunt mari, ‘AbdAllah. Elle y resta pendant un mois avant de prendre le chemin du retour. A mi-chemin, elle fut frappée d’une maladie qui s’aggrava tellement qu’elle en mourut, à Abwa, entre la Mecque et Médine.

C’est l’esclave affranchie de ‘AbdAllah, Oum Ayman (ou Baraka) qui prit en charge Muhammad jusqu’à leur arrivée à la Mecque. Elle le remit alors à Abdel Mouttalib qui décerna des égards inestimables pour son petit-fils Muhammad . Il lui vouait une compassion qu’il ne vouait à aucun de ses fils. Le tendre grand-père et généreux tuteur ‘Abdel Mouttalib cessa de vivre et laissa l’enfant âgé de huit ans. Toutefois, avant de rendre l’âme, ‘Abdel Mouttalib confia la garde de Muhammad  à Abou Talib, oncle germain du Prophète.

Le Messager d’Allah  resta ainsi plusieurs années sous la tutelle d’Abou Talib. Durant cette période des signes annonciateurs de sa future mission apparurent et des évènements sublimes se déroulèrent, comme nous le verrons prochainement, incha Allah.

Quand il atteignit l’âge de douze ans, le Messager d’Allah  accompagna son oncle Abou Taleb au Cham (en Syrie) pour un voyage d’affaires. Ils arrivèrent à Basra, en Syrie, où ils campèrent près d’un ermitage occupé par un moine nommé Bahira. Celui-ci était érudit dans l’Evangile et le christianisme. Du haut de son monastère il aperçut la caravane des Qouraichites et remarqua un certain enfant marqué par les signes de la prophétie. Il désirait s’entretenir avec cet enfant, ainsi il offrit l’hospitalité à tous les membres de la caravane. Il questionna Muhammad  sur ces faits et gestes quotidiens afin de vérifier qu’il s’agissait bien du prophète annoncé dans les livres antérieurs. A la vision de son dos, il reconnut aussi le sceau de la prophétie, une tâche entre ses deux épaules. Bahira questionna ensuite Abou Taleb au sujet de son neveu.

Le moine finit par être convaincu que l’enfant était le Prophète attendu. Il conseilla alors Abou Taleb de retourner avec l’enfant le plus vite possible à la Mecque, par crainte des juifs et des romains qui n’hésiteraient pas à lui nuire s’ils le reconnaissaient. Abou Taleb régla en hâte ses affaires et retourna rapidement à la Mecque avec son neveu.

Rencontre et Mariage avec Khadija

Khadija , fille de Khouwaylid, était une commerçante noble et aisée qui engageait des hommes à son service en leur confiant des transactions dont ils bénéficiaient. Ainsi, lorsqu’on loua devant elle la sincérité, la loyauté et la noblesse du Prophète , elle lui proposa d’aller faire fructifier une partie de son argent dans la région du Cham (Syrie). Elle le fit accompagner de son esclave Maysara.

Le Prophète   (paix et bénédiction d’Allah sur lui) qui était alors âgé de 25 ans, accepta l’offre et se rendit ainsi en Syrie pour la deuxième fois, après son voyage avec Abou Taleb et la rencontre avec le moine Bahira. Il y fit fructifier l’argent que Khadija lui avait confié, bénéficiant lui-même des gains acquis comme le stipulait leur accord ; il pouvait alors s’affranchir de l’hospitalité de son oncle. 

De retour à la Mecque, Maysara informa Khadija  (qu’Allah soit satisfait d’elle) de ce qu’il avait vu de la personnalité de Muhammad  comme douceur, vertu, force de persuasion, pertinence et honnêteté. Sur ces bases, Khadija envoya l’une des ses amies, Nafissa Bint Manya, comme intermédiaire auprès de Muhammad  pour lui faire part de son souhait de l’épouser. Ravi, le Prophète  en informa alors ses oncles qui se rendirent alors chez Khouwaylid Ibn Asad pour demander sa fille en mariage pour leur neveu et le mariage fut conclu. La dot était de vingt chamelles. 

Khadija  avait alors quarante ans et était réputée être la meilleure femme de sa tribu en vertu de sa généalogie, sa richesse et son intelligence. Elle s’était déjà mariée deux fois auparavant : d’abord, à ‘Atiq Ibn ‘Aïd, dont elle eut pour fille Hind ; ensuite, à Zourara At-Tamimi qui mourut à son tour. De cette deuxième union naquit Hala.

Khadija  était la première femme que le Messager d’Allah  épousa et il ne se maria avec aucune autre femme jusqu’à la mort de celle-ci.

Elle est la mère de tous les enfants de l’Envoyé d’Allah  à l’exception d’Ibrahim qu’il eut de Maria l’Egyptienne. Leurs enfants étaient donc Al-Qassim (d’où le surnom du Prophète : Abou-l-Qassim), ‘AbdAllah surnommé At-Tayib et At-Tahir pour les garçons. Tous moururent en bas âge, avant l’avènement de l’Islam. Quant à leurs filles, elles étaient : Rouqayah, Zaynab, Oum Kalthoum et Fatima qui vécurent toutes jusqu’à l'avènement de l’Islam et embrassèrent la nouvelle religion.

La Construction De La Kaaba

Lorsque Muhammad atteignit l’âge de 35 ans, les Qouraichites entreprirent de reconstruire la Kaaba. Celle-ci ne possédait pas de toit et un groupe de voleurs avait dérobé un des trésors qu’elle renfermait. Aussi, l’édifice avait déjà subi les intempéries et les aléas du temps affaiblirent ses fondations et lézardèrent ses murs. De plus, 50 ans avant la mission du Prophète , un torrent descendit sur la Mecque et s’abattit sur le temple sacré avec une violence qui faillit faire basculer la Kaaba.

Ainsi les Qouraichites furent obligés d’en renouveler les fondations, désireux de garder cet édifice, souvenir de la foi d’Ibrahim (Abraham) . Ils décidèrent tous ensemble de n’investir dans ce sens que les biens honnêtement acquis, écartant de ce fait la dot des prostituées, les biens résultant de l’usure ou d’une injustice. Les gens avait peur de détruire la Kaaba, alors Al-Walid Ibn Al-Moughira commença le travail de démolition. Les gens, après s’être rendus compte qu’aucun malheur n’avait atteint Al-Walid, le rejoignirent et continuèrent à démolir jusqu’à ce qu’ils atteignirent la fondation réalisée par Ibrahim . Occupés ensuite à construire, Ils divisèrent la Kaaba en plusieurs parties dont chacune était à la charge d’une tribu.

Chaque tribu rassembla des pierres et la construction commença. Lorsqu’on eut atteint l’endroit de la Pierre Noire, les tribus divergèrent sur la question de savoir qui d’entre elles aurait l’honneur de la mettre en place. Le conflit s’étendit sur 4 ou 5 nuits et faillit déclencher une guerre violente, puis les tribus se rassemblèrent pour trouver une solution juste. Ils décidèrent alors de prendre pour juge arbitre la première personne qui franchirait la porte de la Maison Sacrée où ils étaient réunis. Et ce fut Muhammad . Dès qu’ils le virent, ils s’exclamèrent : « Voici l’honnête (Al-Amine) ! Nous acceptons son arbitrage ! C’est Muhammad ! »

Lorsque Muhammad fut mis au courant du motif de leur conflit, il demanda qu’on apporte un morceau de tissu. Il plaça ensuite la Pierre Noire au milieu du tissu et demanda aux chefs des tribus en conflit de tenir chacun un côté de l’étoffe puis de soulever ainsi la Pierre Noire. Ils s’exécutèrent et quand ils atteignirent sa place, Muhammad prit la pierre et la mit lui-même avec sa main. Puis ils construisirent là-dessus, satisfaits du jugement équitable qui les avait départagés.

D’après Ibn Ishaq, au temps de l’Envoyé d’Allah, la Kaaba était de 18 coudées. Elle était revêtue de tissus coptes (qabati), puis elle fut revêtue de tissus yéménites (burud). Al-Hajjaj fut le premier à la revêtir de brocart.

Aspects Generaux du Prophete avant sa Mission

Muhammad avait réuni en lui, par son éducation, les meilleures qualités que l’on pouvait trouver chez les gens. C’était un modèle raffiné de pensée lumineuse et d’observation pertinente, élevé à un haut niveau de perspicacité et de sagacité, d’originalité dans les idées, de rectitude dans le jugement et de bon sens dans le choix des moyens et des objectifs. Il recourait au silence dans ses longues méditations, approfondissait la vérité, l’explorant jusqu’au bout.

Par la fécondité de son esprit et la pureté de son caractère, il avait pris connaissance des réalités de la vie des collectivités. Il se détournait des superstitions et traitait avec les gens sur la base du discernement et de la clairvoyance.

Toutes les fois qu’il trouvait qu’une chose était bonne, il y participait effectivement. Sinon, il se retirait dans sa solitude. Il ne buvait pas de vin et ne mangeait pas non plus ce qu’on avait sacrifié ou immolé pour les idoles. Il n’assistait à aucune des fêtes organisées par les idolâtres car il avait toujours éprouvé de l’aversion pour l’adoration futile et absurde des idoles.

Il ne supportait pas d’entendre jurer par Al-Lât et Al-Ozzâ. Il ne fait aucun doute qu’Allah (à Lui la Puissance et la Gloire) l’avait entouré d’un mur de protection.

Ainsi lorsque les penchants de l’âme le poussaient à vouloir découvrir par curiosité la jouissance de ce monde, toutes les fois qu’il voulait suivre des traditions blâmables, la bienveillance divine intervenait pour l’en empêcher.

La Révélation

La grotte de Hira

Aux environs de la quarantaine, le Prophète  constata que ses méditations antérieures avaient élargi le fossé entre lui et son peuple et préféra la solitude.

Muni de vivres et d'eau, il se rendait à la grotte de Hira, dans la montagne de la lumière (Jabal An-Nour) située à peu près à 4 km de la Mecque.

Il y passait le mois de Ramadan, nourrissait les pauvres qui l'y rejoignaient, passait son temps à l'adoration et à la réflexion sur les signes de l'univers qui l'entouraient ainsi que sur la puissance créatrice qu'ils cachaient.

L'associationnisme absurde et les représentations inconsistantes de son peuple ne le rassuraient pas. Cependant, il ne disposait ni d'une voie claire, ni d'une méthode définie, ni d'une démarche orientée pouvant lui apporter dans ce sens quiétude et satisfaction.

Son choix de la solitude était un aspect de la guidance d'Allah  à son égard, guidance destinée à le détacher des préoccupations d'ordre terrestre, du tumulte de la vie, des petites considérations dont les gens meublaient leur vie, aux fins de le préparer à la grande affaire qui l'attendait.

Ainsi, le prophète  s'apprêtait à endosser la lourde responsabilité, à changer la face du globe et à modifier le cours de l'histoire. Pendant trois ans, Allah  le voua à cette solitude avant de lui faire porter Son message.

Le Début De La Révélation

Lorsque le Prophète eut 40 ans révolus les indices de la prophétie commencèrent à se faire jour. De ces indices, on note que celui-ci ne faisait aucun rêve qu'il ne vît se réaliser. Ces songes apparurent pendant 6 mois. La durée de la prophétie fut de 23 ans. Quant aux rêves vrais, ils constituent une des 46 éléments de la prophétie.

Au mois de Ramadan de la troisième année de solitude dans la grotte Hirâ, il plut à Allah  d'inonder l'humanité de Sa clémence en choisissant Mohammad  comme prophète et comme Messager. Il envoya Jibril (Gabriel) lui révéler les premiers versets du Coran.

Ecoutons Aicha , nous raconter l'histoire de cet événement qui, point de départ de la prophétie, commençait à repousser les ténèbres de l'impiété et de l'égarement, au point de changer le cours de la vie et aussi de modifier la perspective de l'histoire. 

Elle dit : « Les premières manifestations de la révélation chez Muhammad furent des rêves profitables : il ne faisait aucun rêve sans en voir la réalisation. Ensuite, on lui fit aimer la solitude. A cet égard, muni de provisions, il s'isolait dans la grotte de Hirâ, fuyant l'adoration des idoles et se consacrant à Allah, avant de regagner les siens. Il revenait chez Khadija, s'approvisionnait et repartait, ainsi de suite jusqu'au moment où la vérité apparut dans la grotte.

Alors, l'ange se présenta à lui et dit : « Lis ! »  « Je ne sais pas réciter » dit le Prophète.
L'ange le saisit et le pressa jusqu'au point de le mener à l'étouffement. 
Ensuite, il le lâcha et reprit : « Lis ! »  Le prophète répéta: "Je ne sais pas lire"

L'ange l'étrangla une deuxième fois au point de le mener à l'étouffement, après quoi il le lâcha et dit :
"Je ne sais pas lire".  L'ange, le saisit une troisième fois et l'étrangla.
Ensuite il le lâcha et dit « Lis ! »  Le prophète insista.

Alors, il dit :

Lis au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l'homme d'une adhérence. Lis, ton Seigneur est le Très Noble
[ Sourate 96 : versets 1 - 3 ]. 

Le Messager d'Allah  revint tout tremblant chez Khadija  bint Khouwaylid disant : « Enveloppez-moi ! Enveloppez-moi ! ». On l'enveloppa jusqu'au moment où se dissipa sa frayeur. Alors il raconta à Khadija ce qu’il venait de vivre, en ajoutant : « J'ai crains pour ma vie ». Khadija lui répondit : « Je jure par Celui qui tient l’âme de Khadija, Allah ne t'humiliera jamais. Tu maintiens le lien de parenté, composes avec tout le monde, assistes les nécessiteux, donnes l'hospitalité aux hôtes et aides à faire triompher la vérité ».

Elle l'emmena chez son cousin Waraqah ibn Nawfal ibn Asad ibn ‘Abdil-‘Ozza. Celui-ci était chrétien depuis l'époque antéislamique. Sachant écrire l'hébreu il écrivait aisément l'évangile dans cette langue. C'était aussi un grand sage qui avait perdu la vue.

Khadija  s'adressa à lui en ces termes : « Cousin, écoute ce que va te dire ton neveu ». Waraqah demanda à Mohammad ce qu’il avait vu. Celui-ci lui décrit ce qu'il s’était passé. Waraqah reprit : « Ça c'est l’ange Gabriel qui est apparu autrefois à Moussa. Ah ! Si seulement j'étais jeune ! Si seulement j'étais en vie au moment où ton peuple te chassera de la ville ». Le Messager d'Allah  dit : «Vont-ils me faire sortir de la ville, eux ? – Oui, répondit Waraqah ». Il ajouta : « Aucun homme n'a jamais apporté quelque chose de semblable à ce que tu apportes sans s'exposer à l'inimitié et à l'adversité ; mais, si ce jour je me trouve en vie je t'aiderai énergiquement ». Mais, Waraqah ne tarda pas à mourir et la révélation fut temporairement interrompue. 

Interruption De La Révélation

Les biographes ne sont pas tous d’accord quant à la durée de cette interruption. Certains ont affirmé qu’elle était de quelques jours, d’autres ont dit qu’elle avait duré plusieurs mois, voire trois années. Et Allah est plus Savant.

Durant l'interruption, le Messager d'Allah  resta affligé et triste, frappé d'étonnement et de stupéfaction. Il éprouvait une telle amertume qu'il errait dans les montagnes de la Mecque et leurs sentiers. Au paroxysme de son trouble, Jibril (Gabriel)  lui apparaissait et s'adressait à lui en ces termes : « Mohammad ! Tu es sans aucun doute l’Envoyé d'Allah ». Cela le rassurait. 

Les jours s’écoulaient et le Messager d'Allah  attendait la suite de la révélation ; c’est alors que Jibril (Gabriel) revint pour la deuxième fois. Jabir ibn ‘Abdullah  a rapporté à ce sujet qu’il a entendu le Messager d'Allah  dire :

« Alors que je marchais, j'entendis soudain une voix venant du ciel. Alors, levant les yeux, je vis le même ange qui m'était apparu à (la grotte de) Hira, assis sur une chaise entre le ciel et la terre. Je fus tellement surpris que je retournai (chez ma famille) et je m'écriai : Enveloppez-moi ! Enveloppez-moi ! et on m'enveloppa. Alors Allah le Très Haut révéla les versets :

Ô, toi (Muhammad) ! Le revêtu d'un manteau ! Lève-toi et avertis. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur.
Et tes vêtements, purifie-les. Et de tout péché, écarte-toi [...]
[Sourate 74 : versets 1/5 ].

La Prédication

Après avoir reçu les premières révélations, le Prophète  commença à entrer en contact avec les gens susceptibles de répondre à son appel. Cette période de prêche en secret s’étendit sur 3 années.

Les premiers donc à avoir répondu à cet appel (as-sabiqoun al-awwaloun) furent : Khadija bint Khouwaylid , la mère des croyants ; Zayd ibn Haritha , l’esclave affranchi ; ‘Ali Ibn Abou Taleb , le cousin du Prophète , âgé alors de dix ans ; et Abou Bakr As-Siddiq , l’ami intime de Muhammad . Ceux-ci embrassèrent l’islam dès les premiers jours de l’appel.

Abou Bakr, appelé auparavant ‘Atiq, s'investit par la suite dans l'appel à l'islam. C'était un homme familier aimable et très simple ayant du caractère et enclin au bien. Les hommes de sa tribu le fréquentaient, se familiarisaient avec lui, pour ses connaissances, son commerce et sa bonne compagnie. Il se mit à appeler ceux qui avaient confiance en lui, ses protégés et ceux qui le fréquentaient. Grâce à son appel, ‘Othman ibn Affan, Az-Zoubair ibn Al-Awwam, Abdour-Rahman ibn ‘Awf, Sa’ad ibn Abi Waqqas et Talha ibn ‘Oubaydillah embrassèrent l'islam.

On compte aussi parmi les premiers musulmans Bilal ibn Rabah . Embrassèrent ensuite l'islam Abou 'Oubayda 'Amir ibn Al-Jarrah, Abou Salma ‘AbdAllah ibn ‘Abdel-Asad, Al-Arqam ibn Abil-Arqam, ‘Othman ibn Madh’oun, 'Oubayda ibn Al-Harith, Sa’id ibn Zayd et sa femme Fatima bint Al-Khattab sœur de ‘Omar ibn Al-Khattab, Khabbab ibn Al-Art, ‘Abdullah ibn Mas’oud et bien d'autres.

Ils appartenaient tous à des fractions de la tribu de Qouraich et embrassèrent l'islam en secret. Le Messager d'Allah se réunissait avec eux et les orientait vers la religion en cachette parce que l'appel en était encore à sa phase individuelle et secrète.

La Prédication Ouverte Au Peuple De Qouraich

Le nombre des adeptes de la nouvelle religion atteignit un peu plus de la quarantaine, comprenant hommes et femmes. La nouvelle de l’appel – pourtant secret depuis près de trois ans – parvint aux qouraïchites et la renommée de l’Islam se répandit à la Mecque. Alors Allah  ordonna à Son Envoyé de prêcher publiquement, proclamant la vérité qui lui avait été révélée et invitant ouvertement les gens à y adhérer.

Les versets suivant furent révélés :

{ Expose donc clairement ce qu'on t'a commandé et détourne-toi des associateurs }
[ Sourate 15 : verset 94 ]

{ Et avertis les gens qui te sont les plus proches.
Et abaisse ton aile [sois bienveillant] pour les croyants qui te suivent }
[ Sourate 26 : versets 214-215 ]

{ Et dis : “Je suis l'avertisseur évident” }
[ Sourate 15 : verset 89 ].

Le Messager d’Allah ne tarda pas à exécuter les ordres d’Allah  et monta un jour sur le mont As-Safa où il s'écria : « Ô ! Bani Fihr ! Ô ! Bani 'Ady !». Les qouraïchites - qui jusqu'alors ne s'étaient pas vraiment souciés de la nouvelle religion - se rassemblèrent pour l'écouter. Parmi eux, se trouvait Abou Lahab, oncle paternel de Muhammad.

Le Prophète dit :

« Me croiriez-vous si je vous disais qu'il y a dans la vallée des cavaliers prêts à vous attaquer ? ». *

Il répliquèrent : « Oui ! Et tu ne nous a jamais menti ». Le Prophète reprit : « Alors sachez que je viens vous avertir de l'approche d'un châtiment terrible ».

Abou Lahab lui répondit : « Que tu périsses aujourd'hui même ! Est-ce pour cela que tu nous as réunis ? »

Alors Allah  révéla la sourate Al-Masad :

{ Que périssent les deux mains d'Abu-Lahab et que lui-même périsse }
[ Sourate 111 : verset 1 ].

Ce récit est rapporté par Al-Boukhari d'après Ibn 'Abbas. 

L'exposé De La Vérité Et La Réaction Des Associateurs

Les Qouraichites refusèrent catégoriquement de répondre à cet appel sous prétexte qu’ils possédaient déjà une religion, celle héritée de leurs ancêtres. Celle-ci était devenue une tradition bien ancrée en eux, et partant de là, très difficile à renier. Le Prophète les invita à libérer leur esprit de ce cloisonnement façonné d’habitudes et de traditions, et les appela à se référer à la logique et la raison, leur démontrant que les fausses divinités qu’ils adoraient ne leur servaient à rien et qu’ils ne leur vouaient un culte que par pure tradition.

Le Messager d’Allah commença à adorer Allah  au vu et au su de tous. Son appel avait obtenu davantage de réactions favorables. Les gens, un à un entraient dans la religion d'Allah. Régnaient entre eux et les membres de leur famille réfractaires à la conversion, la haine, la distanciation et l'intransigeance.

Le Groupe Consultatif Pour Empêcher Les Pèlerins D'écouter L'appel

La publication de l'appel eut lieu quelques temps avant l'approche du pèlerinage. Les Qouraichites savaient que les délégations des arabes allaient leur parvenir pour y participer. Alors, ils considérèrent nécessaire de dire un mot aux arabes au sujet de Mohammad de manière à ce que l'appel de celui-ci n’ait aucun effet dans leurs esprits. Un groupe d’entre eux se réunit chez Al-Walid Ibn Al-Moughira pour se concerter sur ce qu'il fallait dire. Al-Walid leur conseilla de tenir le même langage et de ne pas diverger pas au point de se contredire ou d'inscrire leurs propos dans une situation de porte-à-faux. Ils lui demandèrent de leur proposer son opinion. Al-Walid répondit : « Mais non ! Proposez, et moi j'écoute».

Ils dirent : « Nous dirons que c'est un devin ». Al-Walid dit : « Non ! Par Allah, ce n'est pas un devin. Nous avons vu les devins. Il n'a ni le chuchotement (zamzamah), ni la prose d'un devin ». Ils dirent : « Alors nous dirons que c'est un fou ». Al-Walid reprit : « II n'est pas fou. Nous l'avons vu le fou et nous savons le reconnaître. Il n'en a ni l'agressivité, ni l'agitation, ni la confusion ». Ils dirent : « Donc nous dirons que c'est un poète ». Al-Walid refusa en disant : « Ce n'est pas un poète. Nous connaissons la poésie dans tous ses genres : Ar-Rajaz, Al-Hazj, Al-Qarid, Al-Makboud et Al-Mabsout. Non, ce n’est pas un poète ». Ils dirent : « Nous dirons que c'est un magicien ». Al-Walid dit : « Ce n'est pas un magicien. Nous avons vu les magiciens et leur magie. Il ne fait pas de nœud pour y souffler ». Ils demandèrent : « Que devons-nous dire alors ? » Al-Walid dit : « Par Allah, il ne fait pas de doute que sa parole est agréable élégante, intelligente et rare. Vous ne direz jamais rien de tout cela sans qu'on ne sache que c’est faux. Le mieux que vous puissiez dire à son sujet est ceci : « C'est un magicien qui vous apporte une parole magique séparant l'homme de son père, de son frère, de sa femme et de son clan - Fuyez-le donc ! »

A propos d'Al-Walid Ibn Al-Moughira, Allah  révéla les versets suivants :

{ Laisse-Moi avec celui que J'ai créé seul, et à qui J'ai donné des biens étendus, et des enfants qui lui tiennent toujours compagnie, pour qui aussi J'ai aplani toutes difficultés. Cependant, il convoite [de Moi] que Je lui donne davantage.
Pas du tout ! Car il reniait nos versets (le Coran) avec entêtement. Je vais le contraindre à gravir une pente.
Il a réfléchi. Et il a décidé. Qu'il périsse ! Comme il a décidé ! Encore une fois, qu'il périsse; comme il a décidé !
Ensuite, il a regardé. Et il s'est renfrogné et a durci son visage. Ensuite il a tourné le dos et s'est enflé d'orgueil.
Puis il a dit : “Ceci (le Coran) n'est que magie apprise, ce n'est là que la parole d'un humain” }
[ Sourate 74 : versets 11 à 25 ]

Après que le conseil fût d'accord sur cette décision, les membres se placèrent le long des chemins qu'empruntaient les gens pour se rendre au pèlerinage. Toutes les fois que quelqu'un passait, ils le mettaient en garde contre Mohammed . Ainsi, les arabes s'en retournèrent après le pèlerinage, imprégnés de l'affaire du Messager d'Allah que l'on citait désormais dans toute l'Arabie.

A la fin du pèlerinage, les Qouraichites réfléchirent sur les moyens de supprimer l'appel à l’Islam en l'étouffant au berceau. Dans cette perspective ils recoururent à la moquerie, le dénigrement, le persiflage, le démenti et la ridiculisation, l'objectif étant de décourager et de démoraliser les musulmans. Les accusations burlesques et de grossières injures fusèrent à l'égard du Messager d'Allah que l'on appelait aussi le fou. On le taxait de magicien et de menteur, on l'accueillait avec des regards perçants expressifs d'une soif de vengeance, de sentiments de dépit et de rage.

Les Qouraichites dénaturaient les enseignements du Prophète et diffusaient de fausses informations sur son identité et sa personnalité, de telle manière à ce que les gens n'aient pas le temps de méditer son appel. Ils traitaient le Coran de mensonge, insinuant qu’il était une parole inventée par Mohammed ou une autre personne.

A ce sujet, Allah dit :

{ Les mécréants disent : “Tout ceci n'est qu'un mensonge qu'il (Mohammed) a inventé, et où d'autres gens l'ont aidé”. Or, ils commettent là une injustice et un mensonge. Et ils disent : “Ce sont des contes d'anciens qu'il se fait écrire !
On les lui dicte matin et soir ! ” Dis : “L'a fait descendre Celui qui connaît les secrets dans les cieux et la terre.
Et IL est Pardonneur et Miséricordieux”. Et ils disent : “Qu'est-ce donc que ce Messager qui mange de la nourriture
et circule dans les marchés ? Que n'a-t-on fait descendre vers lui un Ange qui eût été avertisseur en sa compagnie ?
Ou que ne lui a-t-on lancé un trésor ? Ou que n'a-t-il un jardin à lui, dont il pourrait manger (les fruits) ? ”
Les injustes disent : “Vous ne suivez qu'un homme ensorcelé”. Vois à quoi ils te comparent ! Ils se sont égarés.
Ils ne pourront trouver aucun chemin }
[ Sourate 25 : versets 4 à 9 ]

Les Persécutions

Les Qouraichites employèrent les moyens que nous avons vu précédemment pour étouffer l'appel et ce au début de la quatrième année de l'avènement de la prophétie. Des semaines ou des mois passèrent et ils virent que de tels moyens ne servaient à rien pour faire échouer l'appel islamique.

Ils se réunirent, se consultèrent et décidèrent après cela d'user de châtiments à l'égard des musulmans, afin de les éprouver au sujet de leur religion. Ainsi, chaque chef de clan fondit sur ceux qui, parmi sa tribu, avaient embrassé l'islam. Ils provoquèrent chez eux des malheurs dont le simple récit fait frémir. Nous en relaterons quelques uns pour illustrer la cruauté des Qouraichites, menés dans leurs exactions par Abou Jahl.

Toutes les fois que celui-ci apprenait que quelqu'un de noble et de riche s'était converti à l'islam, il allait le blâmer et l'humilier, menaçant de le ruiner en fait de biens et de puissance. Lorsque le converti était un faible, il le frappait et le soumettait au chantage.   Bilal était l'esclave affranchi d'Oumayya ibn Khalaf Al-Jamhi. Oumayya le torturait en l'exposant sous la chaleur torride du soleil, il l'étalait sur le sol rocailleux puis envoyait chercher une énorme pierre qu'il lui déposait sur la poitrine en disant : « Tu resteras ainsi jusqu'à la mort, à moins que tu renies ta foi et que tu adores Al-Lât et Al-Ozzâ ». Alors, gémissant sous le poids de la pierre, Bilal ne cessait de répéter : « Ahad ! Ahad ! Unique ! Unique ! ». Abou Bakr le racheta pour mettre fin à son supplice, puis il l'affranchit.

‘Ammar Ibn Yasser, son père Yasser  et sa mère Soumayya se convertirent à l'islam. Alors, les associateurs, avec à leur tête Abou Jahl, les exposaient sur le sol extrêmement brûlant et ensuite les torturaient. Une fois, le Prophète vit la scène et dit : « Patience, famille de Yasser ! Il ne fait aucun doute que votre lieu de rendez-vous est au Paradis ». Yasser mourut à la suite des tortures. Après ses supplices, Soumayya fut transpercée par la lance d’Abou Jahl et elle succomba. Ainsi, elle fut la première martyre de l'Islam.

Les associateurs redoublèrent de violence pour la torture de ‘Ammar, tantôt le traînant au sol, tantôt lui posant une grosse pierre sur la poitrine, tantôt le plongeant dans l'eau avec l'intention de le noyer. Ils lui dirent : « Nous ne te lâcherons que lorsque tu auras insulté Mohammad ou lorsque tu auras glorifié Al-Lât et Al-Ozzâ ». Celui-ci n'en pouvant plus, leur donna satisfaction et fut libéré. Troublé, il alla trouvé le Prophète pour s’excuser.

A ce sujet, Allah  révéla le verset :

{ Quiconque a renié Allah après avoir cru - sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure
plein de la sérénité de la foi […] }  [ Sourate 16 : verset 106 ]

D’autres convertis, tels que Abou Fakiha, ‘Amir Ibn Fihaira , et des femmes (dont Oum ‘Oubays, Zinnirah, An-Nahdiyya et sa fille) - Qu'Allâh soit satisfaites d'elles - eurent à subir ces persécutions et supplices. Abou Bakr acheta les esclaves parmi eux et les affranchit, comme il le fit de Bilal . 

La Délégation De Qoraysh Auprès D'abou Talib

Etant sous la protection de son oncle paternel Abou Talib, personne n'osait commettre de bassesses à l’encontre du Messager d’Allah, à l'exception des stupides et des gens les plus ignobles. Abou Talib faisait partie des grandes personnalités de la Mecque. Très respecté, il était difficile que quelqu'un eût le courage de s'attaquer à ses protégés ou de s'emparer de leurs biens.

Cette situation inquiéta les Qouraichites qui eurent besoin d'une réflexion profonde propre à les sortir de l'impasse sans les conduire à l'irréparable. Sur cette base, ils choisirent la voie de la négociation avec Abou Talib. Ils firent preuve de sagesse et d'application, mais on notait en filigrane, un style de menace et de défi visant à l’amener à obéir à leurs ordres. A ce propos, Ibn lshaq raconte que des hommes parmi les nobles de Qouraïch allèrent voir Abou Talib et lui dirent : 
« Ô Abou Talib ! Ton neveu a insulté nos dieux, dénigré notre religion, a traité d’insensés nos savants et a considéré nos ancêtres comme des égarés. Soit tu l’éloignes de nous [de à ce qu'il ne nous offense plus] ; Soit tu nous le laisses, car tu es comme nous dans notre désaccord avec lui, et alors nous te débarrasserons de lui ».
Abou Talib leur répondit avec bienveillance et sagesse, après quoi ils s'en allèrent.

Le Prophète poursuivit sa mission, proclamant l'islam et appelant les gens à y adhérer. Les Qouraichites perdaient patience de le voir continuer son travail de prédication. Ils s’entretenaient souvent au sujet du Messager d’Allah ils se plaignaient contre lui, ce qui finalement les poussa à retourner chez Abou Talib... 

Les Qouraichites Menacent Abou Talib

Venus pour la seconde fois chez Abou Talib, les Qouraichites durcirent le ton plus qu'ils ne l'avaient déjà fait. Ils lui dirent :
« Ô Abou Talib ! Il ne fait aucun doute que nous respectons ton âge, ta noblesse et la dignité de ton rang. Nous t'avions demandé d’éloigner, de retenir ton neveu, mais tu ne l'as pas fait. A présent, nous ne supportons plus de le voir insulter nos aïeux, traiter de stupides nos savants et critiquer nos divinités. Soit tu l’éloignes de nous, soit nous le combattons et toi avec, jusqu'à ce que périsse l'un des deux camps ».

Puis ils s’en allèrent, mais Abou Talib fut profondément déprimé du fait de couper avec son peuple et d’entraîner sur lui leur animosité ; mais il ne pouvait pas non plus se réjouir de leur livrer son neveu.

Abou Talib fit alors venir le Prophète et lui dit : « Ô mon neveu ! Ton peuple est venu me voir et m'a dit ceci et cela. Ménage-moi et ménage-toi. Et ne me charge pas de ce que je ne saurais supporter ».

Le Messager d'Allah pensa que son oncle avait changé d’avis et qu’il allait cesser de le secourir. Il répondit dit :

« Ô mon oncle ! Je jure par Allah que même s'ils mettaient le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche pour me faire renoncer à cette affaire, je n'y renoncerais jamais jusqu’à ce qu’Allah la fasse triompher ou que j'y perde la vie ».
Sur ces mots il fondit en larmes et se leva.

Lorsque le Prophète eut tourné le dos pour partir, Abou Talib l'appela et lui dit : « Va, mon neveu. Fais ce qui te plaira. Je jure par Allah de ne jamais te livrer à tes ennemis ». 

Les Qouraichites Encore Une Fois Chez Abou Talib

Lorsque les Qouraichites constatèrent que le Messager d'Allah  poursuivait toujours sa démarche, ils comprirent qu'Abou Talib avait refusé de le livrer et de cesser de le secourir, prêt à se séparer d'eux et à les prendre pour ennemis. Ainsi, ils allèrent le voir en compagnie de 'Omarah Ibn Al-Walid Ibn Al-Moughira et lui dirent : « Ô Abou Talib ! Voici un jeune homme. Il est le plus robuste et le plus beau des jeunes Qouraichites. Alors, prends-le et tu profiteras de son intelligence et de son aide, et adopte-le, il sera à toi. En retour, livre-nous ton neveu qui a contredit ta religion et celle de tes ancêtres, il a divisé ton peuple et considéré comme sottises nos croyances. Ainsi nous le tuerons. Ce sera un homme en échange d’un homme ».

Abou Talib leur répondit : « Oh ! Il s'agit là d'une piètre proposition. Vous me demandez de prendre votre fils pour l'élever et de vous livrer le mien pour que vous le tuiez ? Par Allah, ceci ne se fera jamais ».

Alors Al-Mout'im Ibn ‘Adi Ibn Nawfal Ibn ‘Abd Manâf Ibn Qousay dit : « Ô Abou Talib ! Par Allah, ton peuple aura été juste envers toi. Il aura déployé un effort pour te débarrasser de ce qui te nuit. Pourtant, je constate que tu ne veux rien recevoir de sa part ». Abou Talib répliqua : « Par Allah, vous n'avez pas été justes à mon égard. Au contraire toi, tu as décidé de ne pas me soutenir et tu as préféré ces gens à moi. Fais donc ce que bon te semble ».

Lorsque les Qouraichites eurent échoué dans ces négociations, incapables de convaincre Abou Talib de la nécessité de freiner le Messager d'Allah et de le détourner de l'appel à Allah , ils décidèrent d'emprunter un chemin qu'ils avaient essayé d'éviter par crainte de son issue et des conséquences qui pourraient en découler, à savoir : s’en prendre à la personne du Messager d'Allah. 

Les Agressions Contre Le Messager D'Allah

L’hostilité des Qouraichites envers Mohammad  et ses disciples  s’envenima et les atteintes portées à la personne du Prophète furent nombreuses. En plus des moqueries, des persiflages, des méchancetés, etc. déjà utilisés, ils incitèrent contre lui les hommes les plus vils parmi eux. Nous citerons brièvement quelques anecdotes à ce sujet.

Abou Lahab, oncle du Prophète, était le plus enclin au mal. Nous avons déjà vu son attitude, le jour de l’appel sur le mont As-Safa. Il accusait plus que tout autre le Prophète de menteur. Il traînait derrière le Prophète au pèlerinage et dans les marchés pour le contredire. C'était un ennemi irréductible de l'islam et des musulmans.

Il était également le voisin du Prophète. Il déversait devant sa porte toute sortes d’immondices et de pourritures. Toutes les fois qu'on lui jetait cette saleté, le Messager d'Allahla prenait à l'aide d'un bâton puis la jetait dans la rue. Il disait ensuite : « Ô fils de ‘Abdel Mouttaleb ! Quelle sorte de voisinage est-ce là ? ».

Abou Lahab avait déjà marié ses deux fils aux deux filles du Messager d'Allah : Rouqaya et Oum Kalthoum, - Qu'Allah soit satisfait d'elles - et cela avant le début de la mission. A l'avènement de celle-ci, il intima à ses fils l'ordre de divorcer et les divorces furent prononcés. Lorsque ‘Abdullah, le deuxième fils du Prophète mourut, Abou Lahab, pavoisant, se rendit chez les associateurs leur annoncer ce qui était pour lui une bonne nouvelle, à savoir que Mohammad était désormais sans postérité.

La femme d’Abou Lahab, Oum Jamil, fille de Harb Ibn Oumayya et sœur d'Abou Soufiane, n'était pas moins déterminée que son mari à nuire au Messager d'Allah. C'était une femme acariâtre et dure, développant sa langue contre lui, forgeant des mensonges et des intrigues à son égard.

Lorsqu'elle entendit ce qu'Allah  avait révélé à son sujet et au sujet de son époux, (cf. sourate n°111 : Al-Masad) elle prit une pierre et alla trouver le Prophète . Alors qu’il était en face d’elle, assis dans la mosquée de la Kaaba, en compagnie d'Abou Bakr, Allah l'aveugla et elle ne vit que ce dernier. Elle lui dit alors : « Abou Bakr, où est ton compagnon ? J'ai appris qu'il me dénigre. Par Allah, si je le trouve, je frapperais sa bouche avec cette pierre… Et je suis poétesse ». Sur ces mots elle ajouta : « Nous refusons de lui obéir, repoussons son appel et dénigrons sa religion ».

Un jour, le Prophète priait dans l’enceinte de la Kaaba alors qu'Abou Lahab et sa clique étaient assis en ce lieu. Soudain, ‘Oqba Ibn Abi Mou'ait apporta des restes d’un chameau égorgé et attendit jusqu'à ce que le Prophète se prosterne pour les lui poser entre les épaules. Alors tout le groupe se mit à rire sous l'emprise de la gaieté et de l'exubérance. Le Messager d'Allah resta prosterné jusqu'à l'arrivée de Fatima qui ôta les saletés de son dos. Il releva la tête et dit par trois fois : « Seigneur, préserve-moi des Qouraichites ». Cette invocation fut pénible pour les associateurs qui savaient que toute prière faite dans ce lieu était exaucée.

Ce que nous venons de voir est une image très réduite de ce que le Prophète et les musulmans rencontraient comme injustice, humiliation et agression de la part des associateurs. Ceux qui avaient le plus d’inimitié envers le Messager d'Allah  étaient - en dehors de ceux précédemment cités – ‘Amrou Ibn Hicham, plus connu sous le surnom de Abou Jahl, Al-Walid Ibn Al-Moughira, Obay et Oumayya Ibn Khalaf, et d’autres.

Le Prophète, face au danger qui menaçait ses compagnons  et comprenant qu’il ne pouvait pas les protéger ou améliorer leur situation, leur proposa d’émigrer vers l’Abyssinie (l'Ethiopie). Il s’adressa à eux en ces termes :

« Que pensez-vous d’émigrer vers la terre d’Abyssinie car il y a là-bas un roi auprès de qui personne n’est lésé - jusqu’à ce qu’Allah vous apporte un soulagement ? ».

Ainsi, au mois de Rajab (septième mois de l'année hégirienne) de la cinquième année de l'avènement de la prophétie, eut lieu la première émigration de l’Islam.

Le groupe était composé de 12 hommes et de 4 femmes et parmi eux se trouvait Othman ibn 'Affan, accompagné de son épouse Rouqaya, la fille du Messager d'Allah. Abou Houdhaïfa et son épouse, Sahla Bint Souhayl, ainsi que Mous’ab Ibn ‘Oumayr, Az-Zoubeyr Ibn Al-Awwam et Abderrahman Ibn ‘Awf  avaient également pris part à cette émigration. Le départ de ces émigrants eut lieu dans la nuit par crainte des Qouraichites. Arrivé sain et sauf en Abyssinie malgré la tentative des Qouraichites pour le rattraper, ce groupe de musulmans fut bien traité en Abyssinie. Et la louange est à Allah.

L'Abyssinie

Les émigrants restèrent en Abyssinie durant les mois de Cha’aban et de Ramadan. Pendant ce temps à la Mecque, alors qu’il était au milieu de la foule, où se trouvaient également les notables de Qouraïch, le Prophète récita la sourate « les étoiles ». Frappés par cette parole divine, splendide et élégante, les Qouraichites prêtèrent une oreille attentive et se prosternèrent lorsque le Messager d’Allah  récita :

{ Prosternez-vous donc à Allah et adorer-Le }
[ Sourate 53 : verset 62 ]. 

Lorsqu’ils se rendirent compte que la grandeur de la parole d'Allah  les avait conduits à lâcher du lest, pour effacer cette erreur de leur part, ils se mirent à commettre dans toute la mesure du possible, les mêmes actes qu'auparavant. Ils ne cessaient d’adorer les idoles et de persécuter les croyants.

L'information parvint à ceux qui avaient émigré en Abyssinie mais sous une forme totalement différente de la réalité. On leur raconta que les Qouraichites s'étaient convertis à l'islam en conséquence de quoi ils revinrent à la Mecque au mois de Chawwal (le dixième mois lunaire) de la même année.

Parvenus à proximité de la Mecque, ils s’aperçurent que la conversion des Qouraichites était illusoire. Certains décidèrent d’entrer clandestinement à la Mecque et furent de nouveau exposé aux supplices, les autres retournèrent en Abyssinie. De nouveaux groupes de croyants les y rejoignirent et leur nombre fut estimé à plus de 80 personnes. 

Qouraich Envoie Deux Hommes En Abyssinie

Lorsque les Qouraichites apprirent que les émigrants s’étaient établis en sécurité en Ethiopie, ils décidèrent d’envoyer deux hommes fermes et robustes de Qouraïch à Al-Najashi (le Négus, roi d’Abyssinie) pour qu’il renvoie les émigrants et les expulsent de son pays. Ils envoyèrent alors ‘Abdullah Ibn Abi Rabi’a et ‘Amr Ibn Al-‘As, chargés de cadeaux à l'intention du Négus et de ses généraux.

Les deux hommes arrivèrent chez les patriarches auxquels ils fournirent des arguments en faveur de l'expulsion des musulmans et leur offrirent les cadeaux afin d’obtenir leur soutien dans leur plaidoirie auprès du Négus. Après cela, ils rencontrèrent le Négus et lui offrirent également des présents que ce dernier accepta.

Ils lui parlèrent ensuite en ces termes : « Ô Roi ! Des jeunes gens insensés se sont réfugiés dans votre pays. Ils ont quitté la religion de leur peuple et n'ont pas pour autant embrassé la vôtre. Ils ont suivi une religion qu'ils ont créée de toutes pièces et que personne ne connaît, ni nous, ni vous-mêmes. Aussi, avons-nous été dépêchés auprès de vous par les nobles de leur peuple, par leurs pères, leurs oncles et leurs clans qui vous demandent de les leur rendre, car ils veillent sur eux mieux que quiconque et savent mieux que quiconque ce qu'ils ont eu à leur reprocher ». Les généraux dirent : « Ô Roi ! Livre-les à ce deux hommes pour qu'ils retournent avec dans leur pays et auprès de leur peuple ».

Le Négus tenait, avant de prendre sa décision, à examiner la question et à écouter toutes les parties. Il envoya donc chercher les musulmans qui, ensuite, se présentèrent, prêts à dire la vérité sous toutes ses formes. Le Négus leur dit : « Quelle est donc cette religion pour laquelle vous vous séparez de votre peuple, sans embrasser la mienne, ni aucune des autres religions ? ».

Et nous verrons prochainement, incha Allah, quelle fut la réponse de Ja’far Ibn Abi Talib, le cousin du Prophète.

Donc le Négus interrogea les musulmans : « Quelle est donc cette religion pour laquelle vous vous séparez de votre peuple, sans embrasser la mienne, ni aucune des autres religions ? »

Ja'far ibn Abi Talib, en qualité de porte-parole dit :

« Ô roi ! Nous faisions partie des gens de l'ignorance et comme eux, adorions les idoles, mangions de la bête morte, pratiquions les turpitudes, rompions les liens de parenté et maltraitions nos voisins. Les plus forts parmi nous se nourrissaient des plus faibles. Nous vivions ainsi jusqu'au jour où Allah nous envoya un Messager qu'il choisit parmi nous, un Messager dont nous connaissons la généalogie, la franchise, l'honnêteté et la chasteté. Il nous a appelé à croire en un Dieu unique que nous devons adorer, et à abandonner tout ce que nous adorions autre que Lui, nous et nos ancêtres, comme pierres et idoles. Il nous a ordonné de dire la vérité, d’être fidèles à nos engagements, d’honorer les liens de parenté, d’assurer le bon voisinage, d’éviter le crime et le versement du sang. Il nous a interdit la turpitude, le mensonge, l'abus des biens des orphelins et l'accusation des femmes vertueuses. Il nous a ordonné d'adorer Allah, Lui Seul, sans L'associer à rien ni à personne, d’accomplir la prière, de s'acquitter de la Zakat et d'observer le jeune.

Nous avons cru en lui et nous l'avons suivi en ce qui lui venait d’Allah : nous avons adoré Allah, Lui Seul, sans Lui associer aucun autre ; Nous avons considéré comme illicite ce qu'on nous a interdit et comme licite ce qu'on nous a autorisé. Alors notre peuple nous a agressés, torturés, tourmentés à cause de notre religion, afin de nous faire retourner à l'adoration des idoles au lieu d'Allah le Très Haut, et aux perversités que, jadis, nous considérions comme licites. Lorsqu'ils nous eurent contraints, lésés de nos droits, réduits à la misère, ne nous laissant aucune chance de pratiquer notre religion, nous sommes partis vers votre pays ; Nous vous avons choisi à l'exclusion des autres, pour être sous votre protection et nous espérons, ô roi, qu'auprès de vous, nous ne subirons aucune forme d'injustice ».

Le Négus dit alors : « Peux-tu me dire tant soit peu de ce qu'Allah a révélé ? ». Ja'far  répondit : « Oui ». Le Négus lui dit : « Récite-le moi ». Ja'far lut des passages de la sourate Mariam. Le Négus pleura alors jusqu’à mouiller sa barbe. Ses évêques pleurèrent aussi à mouiller leurs livres lorsqu'ils eurent entendu la sourate. Le Négus dit ensuite aux évêques : « II ne fait pas de doute que ceci et ce que ‘Issa avait apporté sortent de la même niche ». Se retournant vers les deux émissaires, il dit : « Partez ! Par Allah, je ne vous les livrerai pas. Ils sont sous ma protection ».

Quand ‘Amr Ibn Al-‘As et son compagnon sortirent, le premier dit au second : « Je jure par Allah que demain je reviendrai avec de quoi les faire expulser ». ‘Abdullah Ibn Rab’ia s'adressa à lui en ces termes : « Ne le fais pas car ils sont nos parents, même s'ils nous ont contrariés ». Cependant ‘Amr Ibn Al-‘As persista dans sa démarche et, le lendemain, il dit au Négus : « Ô roi ! Ils disent des choses étranges au sujet de ‘Issa, le fils de Mariam. Faites-les venir et questionnez-les sur ce sujet ».

Celui-ci envoya chez les musulmans leur demander ce qu'ils disaient au sujet du Messie. Les musulmans se trouvèrent dans l’embarras mais s'entendirent entre eux pour ne dire que la vérité. Dès leur arrivée, à la cour, le Négus les interrogea et Ja'far répondit : « Nous disons de lui ce que nous a enseigné notre Prophète à savoir que ‘Issa est le serviteur d’Allah, Son messager, Son esprit et Sa parole qu’Il a insufflé à la vierge Mariam ».

Le Négus ramassa un bâton à terre et dit : « Par Allah ! Ce que tu viens de dire ne dépasse la vérité sur ‘Issa Ibn Mariam d’une longueur plus grande que ce bâton ». Voyant que ses généraux grommelèrent, il leur dit : « Ne vous en déplaise ! ». Il dit ensuite aux musulmans : « Allez ! Vous êtes en sécurité dans mon pays, quiconque vous insulte paiera une amende, quiconque vous insulte paiera une amende, quiconque vous insulte paiera une amende. Je n'aimerais pas avoir une montagne d'or si je devais l'obtenir en portant préjudice à l'un d'entre vous ».

Il ordonna que l’on rende les cadeaux aux deux émissaires de Qouraïch qui sortirent renfrognés avec tout ce qu'ils avaient apporté. Les émigrant demeurèrent ainsi dans ce pays hospitalier, entourés des meilleurs voisins.

L'embargo

L’échec sévère essuyé par leur délégation auprès du Négus, la diffusion de l’Islam et le nombre croissant de ses adeptes, avec notamment la conversion de ‘Omar Ibn Al-Khattab et Hamza Ibn ‘Abdel Mouttalib  (deux fortes personnalités de la Mecque) : tout cela exaspérait les notables de Qouraïch.

Ils se réunirent donc et décidèrent d’écrire un document contre les Bani Hashim et les Bani Al-Mouttalib, en raison de leur lien de parenté avec Mohammad .

Ils stipulèrent qu’ils ne devaient pas épouser les femmes appartenant à ces deux tribus, ni accorder leurs propres femmes en mariage avec leurs hommes, et qu’ils ne devaient pas faire le commerce avec eux.

S’étant mis d’accord sur ces stipulations, ils les assignèrent par écrit dans un document (sahifah) qu’ils suspendirent à l’intérieur de la Ka’ba, pour mieux se l"affirmer. Après cela, les Bani Hashim et Bani Al-Mouttalib, hommes, femmes et enfants se retirèrent dans le fief (shi’b) d’Abou Talib, excepté Abou Lahab qui s’allia aux Qouraichites et les soutint. Cet isolement débuta durant l’an sept de la mission du Prophète et dura trois ans. Les Bani Hashim et Bani Al-Mouttalib souffrirent, pendant ces trois années, de la faim et de la privation : rien ne leur parvenait a moins que ce soit en secret et à l’insu de Qouraïch, de la part de quelques-uns qui voulaient les aider. Exténués et poussés par la faim, ils en arrivèrent au point de manger les feuilles des arbres, si bien qu’à l’extérieur du fief on pouvait percevoir les cris et les pleurs des enfants affamés.

La Révocation Du Document Stipulant L'embargo 

Après ces trois années de souffrance, en l'an 10 de la mission prophétique, le document stipulant l’embargo des Bani Hashim et Bani Al-Mouttalib fut détruit et le pacte rompu. En effet, parmi les Qouraichites, certains étaient satisfaits du pacte, d'autres insatisfaits. Ces derniers s'employèrent à faire rompre le pacte. L'initiateur des démarches ayant abouti à la rupture fut Hicham Ibn ‘Amr (appartenant à Bani ‘Amir Ibn Lou'ay) qui avait l'habitude d'accéder au fief, la nuit, pour secrètement apporter de la nourriture à Bani Hashim et Bani Al-Mouttalib.

Hicham contacta 4 autres personnes qui, comme lui, désapprouvaient cet acte injuste et arbitraire. Il s’agissait de Zouhir Ibn Abi Oumayya Al-Makhzoumi (dont la mère était ‘Atika, la fille de Abdel Mouttalib), Al-Mout’im Ibn ‘Ady, Abou Al-Bakhtari Ibn Hicham et Zom’a Ibn Al-Aswad. Ils se réunirent tous et prirent l'engagement de rompre le pacte. Zouhir dit : « Je serai le premier à parler ».

Le lendemain matin, ils se rendirent au cercle des Qouraichites. Vêtu d'un beau manteau, Zouhir fit sept fois le tour de la Kaaba avant de venir rejoindre les gens. Il dit : « Ô habitants de la Mecque ! Est-il normal que nous consommions de la nourriture et portions des vêtements alors que les Banou Hashim périssent, sans pouvoir vendre ou acheter quoi que ce soit ? Par Allah ! Je ne m’assiérai pas avant que ce pacte injuste et éprouvant ne soit rompu ».

Après cette épreuve de 3 années, Abou Talib, qui continuait d'assurer son neveu de sa protection, avait dépassé les 80 ans. Les souffrances et les événements qui se succédaient depuis des années - notamment le blocus du fief - avaient usé et affaibli ses articulations, et eu raison de sa solidité. Ainsi, quelques mois après sa sortie du fief, il fut atteint d'une maladie assez sérieuse.

Alors, dans la crainte de salir leur réputation parmi les arabes, ce qui serait le cas, s'ils attendaient jusqu'après sa mort pour s'attaquer à son neveu, les notables de Qouraïch essayèrent, encore une fois, de négocier avec le Messager
d'Allah en sa présence. Ils décidèrent de faire des concessions qu'ils n'avaient pas voulu accepter de faire auparavant. A cette fin, ils constituèrent une délégation, la dernière qu'ils devaient envoyer auprès d'Abou Talib.

Ils allèrent donc trouver Abou Talib et lui parlèrent. Leur délégation était constituée des dignitaires de leur peuple : 'Otba Ibn Rabi'a, Chayba Ibn Rabi'a, Abou Jahl Ibn Hichâm, Oumayya Ibn Khalaf, Abou Soufyan Ibn Harb et d'autres notables de leur tribu. Ils dirent : « Ô Abou Talib ! Tu occupes parmi nous la place que tu connais. Te rendent visite aujourd'hui ceux que tu vois ici. Nous craignons pour toi. Mais tu sais aussi ce qui nous oppose à ton neveu. Alors appelle-le ! Et qu'il se détourne de nous et que nous nous détournions de lui ! Qu'il nous laisse avec notre religion et que nous le laissions avec la sienne ! »

Abou Talib envoya chercher le Prophète qui, aussitôt se présenta. Son oncle lui dit : « Neveu, voici les dignitaires de ton peuple, ils se sont réunis pour toi, afin de te donner et de prendre de toi ! ». Il l'informa ensuite de ce que ces dignitaires avaient dit et proposé pour éviter la confrontation. Le Messager d'Allah leur dit : « Bien ! Vous me donnerez un seul mot, grâce auquel vous maîtriserez les arabes, et par lequel les non arabes vous seront redevables ». Abou Jahl répondit : « D'accord, nous te donnerons même volontiers dix mots ». Le Prophète dit : « Vous direz :
« Il n'y a de divinité qu'Allah », tout en vous débarrassant de ce que vous adorez en dehors de Lui ».

Surpris, ils battirent des mains et dirent : « Ô Mohammad ! Veux-tu faire de toutes les divinités un seul Dieu ? Ton affaire est vraiment étrange ! ». Ensuite, ils se dirent les uns aux autres : « Cet homme ne vous donnera rien de ce que vous voulez. Partez donc et continuez dans la religion de vos ancêtres jusqu'au jour où Allah vous départagera de lui ». Sur ces mots, le groupe se dispersa.

Sur le cas de ces gens, Allah révéla à son Messager les versets ci- après :

{ Sad. Par le Coran au nom glorieux ! Ceux qui ont mécru sont plutôt dans l'orgueil et le schisme ! Que de générations avant eux avons-nous fait périr qui ont crié : «hélas» quand il n'était plus temps d'échapper ? Et ils (les Mecquois) s'étonnèrent qu'un avertisseur parmi eux leur soit venu, et les infidèles disent : « C'est un magicien et un grand menteur. Réduira-t-il les divinités à un Seul Dieu ? Voilà une chose vraiment étonnante ». Et leurs notables partirent en disant : « Allez-vous-en et restez constants à vos dieux : c'est là, vraiment une chose souhaitable  }
[ Sourate 38 : versets 1 à 6 ] 

Rongé par sa maladie, Abou Talib ne tarda pas à mourir quelques mois après la levée de l'embargo, dont nous avons fait le récit précédemment.

Un hadith authentique rapporté d'Al-Mousayyab mentionne que sur son lit de mort, Abou Talib reçut la visite du
Prophète alors qu'Abou Jahl et 'Abdullah Ibn Abi Oumayya Ibn Al-Moughira se trouvaient déjà à son chevet. Le Prophète dit :

« Ô oncle ! Dis : « Il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah » ; une parole au moyen de laquelle j'argumenterai en ta faveur auprès d'Allah ». Abou Jahl et 'Abdullah Ibn Abi Oumayya s'empressèrent de dire : « Ô Abou Talib ! Vas-tu renoncer à la religion de 'Abdel Mouttaleb ? ». Le Prophète ne cessa de lui proposer de témoigner en répétant les mêmes mots, mais les dernières paroles prononcées par le moribond affirmaient qu'il suivait toujours la religion de 'Abdel Mouttaleb et refusait de dire : « Il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah ».

Alors le Messager d'Allah dit :

« Par Allah ! J'implorerai le pardon en ta faveur, tant qu'il ne me sera pas interdit de le faire ! ».

Allah , cependant, lui révéla :

{ II n'appartient pas au Prophète et aux croyants d'implorer le pardon en faveur des associateurs,
fussent-ils des parents alors qu'il leur est apparu clairement que ce sont des gens de l'enfer }
[ Sourate 9 : verset 113 ] 

En s'adressant à Son Messager, au sujet d'Abou Talib, Allah révéla :

{ Tu ne diriges pas celui que tu aimes : mais c'est Allah qui guide qui Il veut. Il connaît mieux cependant les bien-guidés} [ Sourate 28 : verset 56 ]

 

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