Atelier Conte
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L'homme est condamné à ordonner un monde à partir de lui-même, or toutes les histoires symboliques l'aident à mener à bien cette entreprise de clarification de lui-même. » Carl JUNG

> Les dimensions du conte

Le conte s’inscrit dans le vaste champ qu’est la littérature orale.
Comme les comptines, les devinettes ou les chansons, il bénéficie de cette « transmission de bouche-à-oreille » qui caractérise le « savoir du peuple ».

Les contes renferment des vérités sur les êtres humains. Vérités sur leurs sentiments, sur leurs aspirations au bonheur, sur leurs destins divers.
Et tous ces êtres, sous le regard bienveillant ou maléfique de puissances naturelles, vivent, souffrent, luttent, victimes de leurs erreurs ou servis par leur grandeur pour finalement triompher, expier, ou disparaître.
Voilà ce que chacun peut voir dans beaucoup de contes sous des apparences pleines de fantaisie.
Mais précisément, cette représentation imagée, irréelle des expériences humaines permet aux enfants d’imaginer ces fictions. Chacun selon son tempérament, son état intérieur, son degré de développement, peut à l’aide de ces fictions se préparer sans trop de heurt à la vie et aux diverses étapes qu’elle lui impose pour arriver à maturité.

Le conte fait intervenir plusieurs dimensions :

    Affective, humaine, liée au plaisir, à la relation avec le conteur et l’histoire,
    Culturelle, par la transmission d’un patrimoine et de différentes cultures,
    Éducative, par le choix des contes étudiés et des sujets abordés,
    Pédagogique, en donnant du sens aux apprentissages.

> Le conte, outil pédagogique

Le conte éveille au cœur de l’enfant le rêve d’un ailleurs et d’un jadis sur lequel le poids du quotidien n’a aucune prise. Par cette dimension de « merveilleux’ , l’enfant peut oublier l’espace d’un temps, les réalités d’un monde qui est le sien. Avec cette porte ouverte sur l’imaginaire, le travail sur le conte se pose comme un véritable outil pédagogique, ludique et inépuisable :

    Maîtrise de la langue, enrichissement du vocabulaire
    Travail sur la syntaxe, les locutions, les temps, les liaisons
    Relation de jeux avec les mots, les formules, la musique
    Apprendre à mieux dire, organisation de la parole, l’articulation et la diction
    Développement de la mémoire visuelle, auditive et sensorielle

   
Développement de l’imaginaire, de la créativité
    Structuration de la pensée dans sa production
    Apprendre à écouter, à observer, à respecter la parole de l’autre
    ...
Cette liste est donnée à titre d'indication, elle n'est pas exhaustive. Bien sûr, chaque enseignant(e)et/ou éducateur-trice, en fonction du niveau des élèves et de son projet, sélectionnera tout ou partie des compétences à travailler.

> Le conte, instrument de sublimation

Le conte permet à l’enfant de rêver et de fantasmer pour le plaisir, mais aussi de résoudre ses problèmes psychologiques personnels.
L’enfant comprend que l’on est de l’autre côté du miroir, il n’est pas dupe.
Le conte rétablit la continuité entre la réalité et la fiction, en permettant à l’enfant de contrôler l’irrationnel par différenciation avec le réel de tous les jours.

Les histoires sont irréelles, mais la vérité qu’elles mettent en scène est celle du monde intérieur des sentiments complexes et contradictoires.
Les contes leur donnent l'occasion de concrétiseVous êtes sur le site de l'Associationr des problèmes et des désirs indéterminés et, en même temps, de les rendre bien mieux maîtrisables. En effet, les enfants les projettent sur les personnages malfaisants que le conte lui a rendu plus familiers, ou en leur donnant corps en harmonie avec les événements relatés. L’enfant dispose ainsi d’un matériau imaginatif où il puisera ce qu’il lui faut d’images pour rendre son problème soluble.
Exemple : le déplaisir initial de l’angoisse d’un conte devient alors le  grand plaisir de l’angoisse affrontée avec succès. Voilà pourquoi l’enfant redemande toujours le même conte qui lui fait peur.

Au-delà de programmations de conteurs en milieu scolaire, la question de l’activité « conte » à l’école se pose dans son rapport à une démarche pédagogique. Les démarches prenant en compte l’oralité s’inscrivent dans des processus qui interrogent l’ensemble de la pratique pédagogique. L’enseignant qui accueille un conteur(euse) s’appuie ainsi sur un art de la relation et consacre du temps aux questions de l’écoute et de l’expression.
L’enseignant pourra , selon ses objectifs et le niveau des enfants, orienter les compétences qu’il voudra travailler :
Maternelle : développement de l’imaginaire, prise de parole, respect des autres, découverte pluriculturelles….
Primaire : mécanique, construction d’un récit, formes littéraires

Il important de rappeler que pour motiver l'envie d'utiliser le conte dans le cadre de projets, il est indispensable de créer une dynamique fondée sur les plaisirs - quel que soit l'âge des élèves - de l'écoute et de la lecture des textes narratifs et plus particulièrement ici des contes.

Propice au traitement de certaines formes de difficultés d’apprentissage, lien culturel d’une très grande richesse, le conte contribue à construire la culture commune scolaire indispensable à tous les élèves pour les former sur le plan affectif et intellectuel.