A la taverne des poètes, on vous sert des brèves poétiques à méditer. Et aussi des poèmes courts (en 2ème partie de page)
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Toutes citations (et aphorismes) : Paul COSQUER
I Les Brèves du pas :
A suivre tout le temps, on n'atteint pas sa route.
Attarde-toi ! Un vieil arbre vaut bien demain...
Notre pas, ce qu'il déplace est silencieux.
Qu'est-ce que la vague qui ne fait qu'aller ?
Et l'homme, qu'ajoute-t-il à l'infini ? avec son ombre inséparable.
II Les Brèves de la Connaissance :
Le murmure initial se dérobe à nos sens.
Il existe un chant que le silence impose.
D'où vient que certains êtres, seuls, partagent l'intimité des voix errantes et des choses inquiètes émouvantes et persistantes ?
Murmure du Savoir parmi les grands arbres pensifs...
III Les Brèves de la Poésie :
La poésie est un langage unique qui anime les choses
La poésie : où va la vie par préférence.
Poésie est parole sans concurrente, fusion de la vie éclatée.
Le bleu poétique n'est pas le bleu commun.
Il tombe des soleils bleus, des étoiles géantes.
La poésie , elle a trouvé ses ponts.
Le poème se lit jusqu'à extinction de sa lumière.
La donne du soleil est énorme.
Sa lumière s'édifie sans annonce.
Derrière les longues vies sans lumière il y a parfois l'amertume d'un désert.
IV Les Brèves de la Liberté :
Elle parle des yeux la liberté. Sa main est l'offrande et ce que ses yeux professent est plus beau qu'un sourire.
L'enfer de l'homme est son désert : celui de son inutile liberté
V Les Brèves du Don et de la Vie :
Coeur qui palpite sans joie qui ne palpite pas de générosité.
J'ai envie de donner de l'envie. J'ai envie que mes mots donnent plus que mes mains. L'amour, comme on sait, en demande toujours plus.
Nous naissons tous du même fleuve.
Aucun fleuve ne remonte son cours, et pour l'enfance pas de retour.
L'enfance, est-ce qu'une rive la délimite
VI Les Brèves de la Souffrance :
Parlez-moi de chez moi, moi qui suis en exil : je ne crois plus aux mots, ces noctambules du hasard.
La solitude se modèle dans le ventre de l'homme comme un mal ancien venu des étoiles.
Je suis le seul hurleur et je me sens nègre jusque dans mes os.
La lutte quotidienne pour être un Eveillé pour soi.
Le mot souffrance est au dictionnaire de la chair.
Dans l'oppresion des larmes, nous trouvons encore quelque insolence à composer du miracle.
"Si je ne crois plus aux hirondelles, je crois à la caresse des mots."
VII Les Brèves de l'Amour:
Aime sans loi : c'est la seule loi.
Nous buvions en terrasse au son d'un violoncelle. L'amour était épars et bleuissait le ciel.
Qu'il est bon de loger dans le coeur d'une femme, c'est bon comme d'avoir la lune bien à soi, toute à soi.
Un jour de jeunesse sans toi est un jour de perdu. L'aube sans toi me blesse.
Je ne me savais pas un fleuve jusqu'à te rencontrer.
Toutes citations : Paul COSQUER MES TEXTES COURTS :
A René Char :
Rien ne demeure enfoui sous le silence.
Ce qui naît de l'éclair -et le regard vient s'y blesser- offre à nos êtres inaccomplis bien plus qu'un simple fruit aux ascendances mystérieuses : un pas de plus de la Pensée sur le grand désert de la Mort.
(Extrait du recueil "La Passagère des sables" 1991)
Ce sera par un matin tremblé.
Soudain l’amour ami, la parole de vie, la sève améliorée.
Ce sera pour la fête attendue. Par une nuit de noces de poèmes puissants.
Poésie, savoir-vivre élancé,
émeute irréprochable,
une possible avancée sur la vie imprenable.
La vie est-elle une vallée habitable, un chemin trouvable, une réserve de ciel ?
(Extrait du recueil "Nous les poètes" 2002)
Parole à germer :
Elle sera facile à porter en terre.
Nous la verrons germer.
Nulle lumière. Rien n’est sûr.
Le poète observe la face du soleil faiblement inclinée.
La poésie est un pacte de mendiant, de miséreux.
Il y a un espace dans l’espace des mots.
Tu entends et tu vois.
Mais avec ce que tu entends, avec ce que tu vois, tu n’atteins pas cet espace des mots.
Si tu n’appelles rien de bien, tu n’écris rien de bien.
Malgré ce qui me camisole,
j’ai l’univers à raconter.
La beauté chante, fille non prévenue.
Muette à l’instant de sa totalité, plus libre que le temps, elle n’a pas de semblable.
Je gouverne de mes lèvres un voyage.
Sombre tourmenté, je me perds et me brûle.
Il me semble que ce soir je rattraperai le ciel.
Le ciel est de partout pour donner du miracle.
Nous voulons du divin du soleil du sacré dans nos vies.
J’écris des oiseaux à la pointe des heures,
des mots aussi, des mots odieux et de mauvaise tonalité.
C’est ce qu’on dira puisque je suis seul de ma langue.
Plus haut l'amour !
L'oiseau monte...Il prend seul possession des airs.
C'est l'oiseau des oiseaux, à l'infinie lenteur.
(Extrait du recueil "Nous les poètes" 2002)
Les hérons décoiffés songeaient à leur voyage.
Et ils jouaient de leurs grands bras d'oiseaux, les jambes secouées par la désinvolture.
Leurs souvenirs illuminaient des kilomètres de mémoire.
Où sont ceux-là qui respiraient des rêves sans limites ?
Où sont ceux-là qui combattaient de leurs lèvres immenses les regards vides de la réalité ?
La mer, qu’on pourrait appeler l’âme, car ce sont deux choses identiques, ne sait se résigner.
Moi, l’impudent, je chante les océans plutôt que les plages futiles.
Vie heureuse mais limitée, voilà qui convient à notre petitesse.
En cette fin de siècle, nous n'avons plus rien de raisonnable, nous qui poussons de l'air du temps.
Mais quand tu n’auras plus pour te reposer que mon épaule, pour te réchauffer que mes bras, quelques mots t’attendront.
Trois mots exactement.
Sous le soleil antique de l’humanité, l’été s’étale lourdement. Il y a moisson d’arbres.
La mer, qu’on pourrait appeler l’âme, car ce sont deux choses identiques, ne sait se résigner.
Moi, l’impudent, je chante les océans plutôt que les plages futiles.
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