West of Zanzibar

(A l’ouest de Zanzibar)

(Le Talion)

7 janvier 1928

Réalisation : Tod Browning

Scénario : Elliot Clawson d’après la pièce " Kongo " de C. C. de Vonde et K. Gordon

Intertitres : Joseph Farnham

Photographie : Percy Hilburn

Décors : Cedric Gibbons et Richard Day

Production : M.G.M.

Distribution : Jury-Metro-Goldwyn

Interprétation :

Lon Chaney -----Phroso / Flint

Lionel Barrymore -----Crane

Mary Nolan -----Maizie

Warner Baxter -----Doc

Jacqueline Gadsdon -----Anna

Roscoe Ward -----Tiny

Kalia Pasha -----Babe

Curtis Nero -----Bumbu

Noir et blanc, muet mais avec une bande musicale enregistrée.

67 min (7 bobines)

 

 

Scénario :

 

L’illusionniste Flint accompagné de sa femme et assistante Anna se produit à Londres. Mais Anna tombe amoureuse de Crane et décide de partir avec lui ; une altercation éclate entre les deux hommes et Crane précipite Flint par dessus une rambarde ; celui-ci y perd l’usage de ses jambes. Quelques mois plus tard, Flint apprend la mort d’Anna et décide de récupérer Maizie, la fille d’Anna bien que persuadé qu’elle est de son rival. 18 ans plus tard, Flint utilise ses tours au Congo belge pour manipuler les indigènes. Crane quant à lui est devenu trafiquant dans cette même région. Flint fait ramener Maizie, élevé dans un tripot de Zanzibar grâce à son argent. Flint se venge sur elle de Crane en la rendant alcoolique, ce qui crée un conflit entre Flint et Doc, l’un de ses associés avec qui Maizie noue une relation amoureuse. Il fait ensuite venir Crane pour lui dévoiler qu’il a une fille, lui montrer ce qu’elle est devenue et les faire tout deux tuer par les indigènes. Mais Crane apprend à Flint qu’Anna l’avait quitté après l’accident et que Maizie est donc de lui. Comme convenu les indigènes suppriment Crane, puis selon leur coutume viennent chercher celle qu’ils croient être sa fille. Flint sauve sa fille de la mort en utilisant le tour de substitution qu’il avait mis au point avec Anna. Mais handicapé, l’illusionniste ne peut fuir et est tué puis brûlé par les indigènes.

 

 

Commentaires :

 

La pièce " Kongo " fut écrite par l’acteur de théâtre Chester de Vonde et le producteur Kilbourne Gordon à la suite du voyage de de Vonde au Congo belge. Avant son adaptation au cinéma par Browning, la pièce est déjà connu grâce au succès qu’elle a remporté à Broadway, interprétée par Walter Huston. De Vonde rêvait que son histoire soit portée à l’écran mais il meurt avant d’avoir put mettre en place le projet en janvier 1928. La légende veut que la M.G.M. ait racheté les droits de la pièce deux heures seulement après sa mort pour 35.000 dollars.

Le rôle de Maizie est tenue par une ancienne danseuse des " Folies Bergères " de Paris et de la troupe de Ziegfeld. La femme qui élève Maizie est jouée par Rose Dion qui sera Mme Tetralini, la mère des monstres dans En 1932, William Cowen en réalise un remake sonore intitulé Kongo et en 1954,Harry Watt réutilise le titre West of Zanzibar pour une fiction documentaire sur le trafic d’ivoire et l’influence occidentale en Afrique noire.

 

 

Critiques :

 

West of Zanzibar nous montre un Chaney surmené. La star est là, mais dans le mouvement général, durant la phase la plus importante de la production - préparation, son quota de temps de repos est remplacé par une augmentation. […] Les scènes de la jungle avec la vase suintante de crocodiles et la vingtaine de figurants noirs dégoulinants de vase faisant leurs bûchers funéraires sont ce que l’on mettra de côté. "

Variety, 9 janvier 1929.

" Dans un conte sinistre, ingénieux, mais quelque peut artificiel, sur fond de marais africains parsemés de cannibales, Lon Chaney une fois encore revient à l’interprétation d’un estropié. […] C’est un récit bien conçu et Monsieur Chaney y donne une de ses interprétations les plus performantes et les plus efficaces puisqu’il se retient, scène après scène, d’utiliser ses jambes. Warner Baxter joue le rôle d’un docteur à l’état d’épave. […] Monsieur Baxter manie ce personnage avec un art considérable. Mademoiselle Nolan est attirante et compétente. "

The New York Times, 31 décembre 1928.